La 40e semaine de grossesse correspond au terme officiel de la grossesse, soit environ 9 mois de gestation. À ce stade, le bébé est considéré comme à terme, pesant en moyenne entre 3,2 kg et 3,5 kg pour une taille avoisinant les 50 cm. Cette période marque la fin d’un long voyage biologique et le début imminent d’une nouvelle vie.
La grossesse se calcule en semaines d’aménorrhée (SA), c’est-à-dire depuis le premier jour des dernières règles. La 40e semaine de grossesse correspond donc à 40 SA, bien que certaines sources médicales parlent de 38 semaines de développement embryonnaire réel. Cette nuance est importante pour comprendre les variations de terme observées d’une femme à l’autre.
Toutefois, toutes les grossesses ne se terminent pas exactement à 40 SA. Une naissance est considérée comme normale entre 37 et 42 semaines d’aménorrhée, ce qui laisse une fenêtre de plusieurs semaines où l’accouchement peut survenir naturellement.
Quel est le développement du bébé à 40 semaines de grossesse ?
Un fœtus pleinement mature
À la 40e semaine, le fœtus a achevé la quasi-totalité de son développement. Ses poumons sont matures, son cerveau continue de se développer, et tous ses organes sont fonctionnels. Le vernix caséosa, ce film blanchâtre qui protégeait sa peau, commence à disparaître.
Les ongles du bébé ont souvent dépassé le bout des doigts, et ses cheveux peuvent mesurer entre 2 et 4 cm. Son système nerveux central est suffisamment développé pour réguler sa température corporelle après la naissance, ce qui est un signe clé de maturité.
Le lanugo, ce fin duvet qui recouvrait le corps du fœtus depuis le 5e mois, a presque entièrement disparu. La peau devient plus lisse, et le tissu adipeux sous-cutané représente désormais environ 15 % du poids corporel total du nourrisson.
Quelle est la position du bébé en fin de grossesse ?
Dans la grande majorité des cas, le bébé se présente en position céphalique, c’est-à-dire tête vers le bas. Cette position est optimale pour un accouchement par voie basse. Environ 95 % des bébés à terme adoptent spontanément cette présentation.
Dans 3 à 4 % des grossesses, le bébé reste en siège, c’est-à-dire les fesses ou les pieds orientés vers le col de l’utérus. Cette situation peut conduire à une césarienne programmée ou à des manœuvres médicales préalables.
La présentation transverse, où le bébé est couché en travers, est très rare à terme et nécessite une prise en charge obstétricale spécifique. Une consultation avec le gynécologue-obstétricien permet de clarifier la situation.
Quels symptômes ressent-on à la 40e semaine de grossesse ?
Les signes physiques les plus courants
La pression pelvienne s’intensifie considérablement à ce stade, car la tête du bébé s’engage progressivement dans le bassin. Cette descente peut provoquer une sensation de lourdeur dans le bas-ventre, des difficultés à marcher et des envies fréquentes d’uriner, parfois toutes les 30 minutes.
Les contractions de Braxton Hicks, aussi appelées fausses contractions, sont très fréquentes. Elles diffèrent des contractions du travail car elles sont irrégulières, non douloureuses et ne s’intensifient pas avec le temps. Environ 60 à 70 % des femmes enceintes au terme les décrivent comme une tension diffuse de l’abdomen.
Les oedèmes des chevilles et des pieds persistent, et certaines femmes observent une augmentation du volume des seins, signe que le corps se prépare à la lactation. Le colostrum, ce premier lait jaunâtre riche en anticorps, peut commencer à s’écouler spontanément.
Comment distinguer les vraies contractions des fausses ?
Les contractions du travail présentent trois caractéristiques précises : elles sont régulières, de plus en plus rapprochées (moins de 5 minutes d’intervalle), et leur intensité augmente progressivement. Une douleur qui irradie dans le bas du dos peut également accompagner ces contractions authentiques.
En revanche, les contractions de Braxton Hicks disparaissent avec le repos, le changement de position ou l’hydratation. Elles ne suivent aucun rythme régulier et restent tolérables sans traitement antalgique.
En cas de doute, la règle des 5-1-1 est recommandée par de nombreux obstétriciens : 5 contractions par heure, espacées d’1 minute chacune, pendant au moins 1 heure. Ces critères justifient un appel à la maternité ou une consultation en urgence.
Quels sont les signes annonciateurs de l’accouchement à 40 SA ?
La perte du bouchon muqueux
Le bouchon muqueux est une sécrétion gélatineuse qui obstruait le col de l’utérus tout au long de la grossesse. Son expulsion, qui peut survenir en une seule fois ou progressivement sur plusieurs jours, est souvent l’un des premiers signes précurseurs du travail.
Cette perte se présente comme des pertes vaginales épaisses, parfois teintées de sang, de couleur rosée ou brunâtre. Elle survient en général quelques jours à deux semaines avant le début du travail, sans pour autant constituer une urgence médicale.
Toutefois, si les pertes sont abondamment sanglantes ou accompagnées de douleurs intenses, il convient de contacter immédiatement la maternité. Cela pourrait indiquer un décollement placentaire, une complication rare mais sérieuse.
La rupture de la poche des eaux
La rupture de la poche des eaux survient lorsque les membranes amniotiques se rompent, libérant le liquide amniotique. Ce liquide est normalement clair ou légèrement rosé, et son volume peut varier de quelques dizaines de millilitres à plusieurs centaines selon la présentation fœtale.
Dans environ 10 % des grossesses à terme, cette rupture précède les contractions et constitue alors le premier signal du travail. Il est recommandé de noter l’heure de la rupture et de se rendre à la maternité dans les deux heures qui suivent.
Un liquide amniotique verdâtre ou brun signale la présence de méconium, le premier excrément du bébé. Cette situation nécessite une prise en charge médicale immédiate, car elle peut indiquer une souffrance fœtale.
Quels examens sont prévus à la 40e semaine de grossesse ?
La consultation médicale au terme
La dernière consultation prénatale obligatoire se déroule généralement autour de 36-38 SA, mais une visite de surveillance peut être organisée à 40 SA si l’accouchement n’a pas encore eu lieu. Le médecin ou la sage-femme évalue alors l’état du col utérin, la position du bébé et l’absence de signes de souffrance fœtale.
Un toucher vaginal permet d’apprécier la maturation du col : sa longueur, sa consistance, sa dilatation et sa position. Ces paramètres sont regroupés dans le score de Bishop, dont la valeur normale varie de 0 à 13. Un score supérieur à 8 indique un col favorable à l’accouchement imminent.
Le monitoring fœtal, ou cardiotocographie, enregistre les battements cardiaques du bébé et les contractions utérines. Cet examen non invasif dure entre 20 et 30 minutes et permet de détecter toute anomalie du rythme cardiaque fœtal, maintenu normalement entre 110 et 160 battements par minute.
Le dépassement de terme : quand s’inquiéter ?
On parle de grossesse prolongée lorsque le terme dépasse 41 semaines d’aménorrhée, et de post-terme au-delà de 42 SA. Environ 10 % des grossesses atteignent ce stade, ce qui justifie une surveillance renforcée.
Le Ministère de la Santé recommande, à partir de 41 SA, une surveillance médicale bihebdomadaire comprenant un monitoring et une échographie doppler. Ces contrôles permettent d’évaluer le bien-être du fœtus et la qualité du liquide amniotique.
Si les conditions maternelles ou fœtales l’exigent, un déclenchement artificiel du travail peut être proposé. Celui-ci repose sur l’administration d’ocytocine synthétique par voie intraveineuse ou l’utilisation de prostaglandines locales pour maturer le col.
Comment se préparer à l’accouchement à la 40e semaine ?
Les démarches pratiques à finaliser
La valise de maternité doit être prête depuis au moins la 36e semaine, mais une vérification à 40 SA est vivement conseillée. Elle comprend les documents administratifs (carte vitale, carnet de maternité, pièce d’identité), les affaires de la mère et du nouveau-né.
Il est utile d’avoir préalablement repéré l’itinéraire jusqu’à la maternité, le numéro d’appel direct du service des urgences obstétricales et le nom de la sage-femme référente. Ces informations réduisent le stress logistique au moment où chaque minute compte.
Le plan de naissance, document facultatif rédigé par la future mère, liste ses souhaits concernant le déroulement de l’accouchement : péridurale, liberté de mouvement, présence du partenaire, type d’éclairage. Ce document ouvre un dialogue avec l’équipe soignante, même si toutes les demandes ne peuvent pas toujours être respectées.
Les méthodes naturelles pour favoriser le travail
Certaines pratiques sont citées par de nombreuses femmes enceintes comme susceptibles de stimuler le déclenchement naturel du travail. La marche régulière, par exemple, aide à l’engagement de la tête fœtale dans le bassin et favorise les contractions. Une marche de 30 à 45 minutes par jour reste recommandée par la plupart des sages-femmes en l’absence de contre-indication.
L’acupuncture et l’homéopathie sont parfois évoquées, mais leurs preuves scientifiques demeurent insuffisantes pour en recommander l’usage systématique. Il convient toujours d’en informer le professionnel de santé avant toute démarche complémentaire.
Les relations sexuelles peuvent théoriquement stimuler les contractions en raison des prostaglandines contenues dans le sperme, mais cette approche reste anecdotique dans la littérature médicale. Elle ne présente aucun danger en l’absence de rupture des membranes ou de placenta praevia.
FAQ : vos questions sur la 40e semaine de grossesse
Est-il dangereux d’accoucher exactement à 40 semaines de grossesse ?
Non, accoucher à 40 SA est parfaitement normal et sans risque particulier pour la mère ou l’enfant. C’est précisément le terme de référence calculé par les obstétriciens.
Peut-on encore attendre après 40 SA sans déclencher le travail ?
Oui, une attente jusqu’à 41 SA est généralement tolérée sous surveillance médicale. Au-delà, les professionnels de santé évaluent l’opportunité d’un déclenchement artificiel du travail selon l’état maternel et fœtal.
Le bébé peut-il manquer d’oxygène à 40 semaines de grossesse ?
Un bébé en bonne santé ne manque pas d’oxygène à 40 SA. Toutefois, au-delà de 42 SA, le vieillissement du placenta peut réduire ses apports. C’est pourquoi la surveillance médicale s’intensifie après 41 SA.
Combien de temps dure en moyenne le travail lors d’un premier accouchement ?
Pour une primipare, le travail actif dure en moyenne entre 8 et 12 heures. Chez une multipare, cette durée est réduite à 4 à 6 heures environ.
Que faire si on ne ressent aucun signe de travail à 40 semaines ?
L’absence de signes à 40 SA est fréquente et ne constitue pas une urgence. Une consultation de surveillance permettra d’évaluer la maturité cervicale et d’envisager les prochaines étapes avec l’équipe médicale.
Que retenir de la 40e semaine de grossesse ?
La 40e semaine de grossesse représente l’aboutissement de neuf mois de transformations biologiques extraordinaires. Le bébé est pleinement formé, pesant entre 3,2 et 3,5 kg, et le corps maternel se prépare activement à l’accouchement. Reconnaître les vrais signes du travail, distinguer les contractions authentiques des fausses, surveiller la rupture des membranes et respecter les consultations médicales sont des étapes essentielles. Chaque grossesse est unique, et certaines naissances surviennent naturellement après 40 SA. En cas de doute, de douleur inhabituelle ou de modification du liquide amniotique, il est impératif de consulter un professionnel de santé sans délai.
Sources
Cabrol, D., Pons, J. C., & Goffinet, F. (2003). Traité d’obstétrique. Flammarion Médecine-Sciences.
Haute Autorité de Santé. (2017). Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. HAS. https://www.has-sante.fr
Ministère de la Santé et de la Prévention. (2023). Les examens prénataux obligatoires et recommandés. https://www.sante.gouv.fr
Organisation Mondiale de la Santé. (2018). Recommandations de l’OMS pour les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement. OMS. https://www.who.int
Merger, R., Lévy, J., & Melchior, J. (2001). Précis d’obstétrique (6e éd.). Masson.
Blondel, B., & Kermarrec, M. (2011). Enquête nationale périnatale 2010 : les naissances en 2010 et leur évolution depuis 2003. INSERM/DREES. https://www.inserm.fr

