Les points essentiels sur : la coqueluche

Découvrez tout sur la coqueluche, une maladie respiratoire en pleine recrudescence touchant tous les âges

La coqueluche, souvent considérée comme une maladie concernant les enfants, se manifeste vigoureusement à tous les stades de la vie, y compris parmi les adultes et les personnes âgées, particulièrement vulnérables (1,2). En dépit des avancées médicales, cette infection, aussi appelée « toux des 100 jours », connaît une résurgence importante. Alors quels en sont les symptômes, les risques, les options de traitement efficaces et comment combattre cette infection touchant les voies respiratoires ?

Qu’est-ce que la coqueluche ?

La coqueluche est une infection respiratoire d’origine bactérienne. C’est une maladie ancienne dont les premières descriptions cliniques remontent à 1578 lors d’une épidémie en France qui s’est étendu vers toute l’Europe par la suite. Elle est causée principalement par le bacille Bordetella pertussis. Cette bactérie porte le nom de l’un de ses découvreurs, Jules Bordet, qui, avec Octave Gengou, isola le germe en 1906.
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Quels sont les symptômes de la coqueluche ?

La période d’incubation, c’est à dire le temps écoulé entre la contamination et l’apparition des premier symptômes, est en moyenne d’environ 10 jours. S’en suit l’apparition des symptômes, notamment un écoulement nasal (rhinite ou rhinorrhée), associé ou non à une fièvre très faible, qui dure environ deux semaines.

A l’issue de cette première phase, une toux apparaît. Elle évolue rapidement en séries de toux, qu’on appelle des quintes. Les quintes de toux présentent les caractéristiques suivantes :

  • Des accès de toux soudains, violents et répétés.
  • Des spasmes provoqués par les accès.
  • Chez les nourrissons, une baisse du rythme cardiaque (bradycardie) ou une coloration bleutée de la peau (cyanose).
  • Une respiration difficile.
  • Un éclatement des petits vaisseaux sanguins autour des yeux (qu’on appelle des pétéchies).

A la fin de ces quintes de toux, il est difficile pour la personne atteinte de la coqueluche de retrouver son souffle, émettant un son strident, souvent décrit comme un « chant du coq ». Cette phase est aussi marquée par l’expulsion de sécrétions épaisses et claires, accompagnée fréquemment de vomissements. Chez les adultes et adolescents, ces quintes tendent à s’intensifier durant la nuit. De plus, chez les femmes enceintes, ces épisodes de toux peuvent déclencher des contractions utérines.

Le saviez-vous ?
La toux de la coqueluche ne s’accompagne pas de fièvre ni d’autres complications respiratoires. Entre chaque quinte de toux, le malade n’a aucun symptôme.

Dans les pays où les enfants ne sont pas vaccinés contre la coqueluche, la transmission se fait parmi eux.

Dans les pays comme la France, des campagnes vaccinales chez les enfants permettent de limiter les contaminations : la transmission de la maladie se fait essentiellement d’adultes et adolescents vers les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés.

Les adultes infectés peuvent également contaminer des adolescents ou d’autres adultes, qui ne sont plus immunisés par le vaccin, ni par le fait d’avoir déjà développé la maladie.

La dernière phase dure une à plusieurs semaines. Durant celle-ci, la toux régresse lentement. Paradoxalement, il s’agit de la phase où surviennent les symptômes les plus graves dans la population jeune. Chez les enfants, les complications notables sont des pneumonies ou des affections neurologiques (crises convulsives, encéphalites). Chez le nourrisson, la coqueluche peut être très grave voire mortelle, car accompagnée d’une défaillance respiratoire ou multiviscérale.

D’autres maladies infectieuses respiratoires comme la tuberculose, connaissent actuellement une recrudescence. Pour en savoir plus sur cette maladie, n’hésitez pas à consulter l’article sur la tuberculose.
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Quels sont les traitements disponibles ?

Les antibiotiques de la famille des macrolides constituent le traitement de référence : la clarithromycine, l’azithromycine ou éventuellement l’érythromycine, si les 2 premiers ne sont plus disponibles. Si le patient est allergique aux macrolides, le médecin prescrit du cotrimoxazole. La prise d’antibiotiques le plus tôt possible n’empêche pas l’évolution de la maladie de la coqueluche d’autant plus que le diagnostic est tardif. Il permet en revanche de diminuer les risques de transmission et dans certains cas de diminuer l’apparition des symptômes.

La durée de traitement varie selon l’antibiotique utilisé (3 à 4 jours).

En plus des antibiotiques principalement utilisés, certains patients peuvent bénéficier de traitements de soutien symptomatiques, tels que des médicaments pour calmer les quintes de toux sévères. Il est essentiel de consulter un médecin pour une prise en charge adaptée et personnalisée en fonction des symptômes spécifiques de chaque individu. Des mesures de confort telles que l’hydratation adéquate et le repos sont également recommandées pour soutenir le processus de guérison.

Le saviez-vous ?
Lors d’une infection de la coqueluche, le patient n’est pas le seul à se faire prescrire des antibiotiques. L’ensemble de l’entourage ayant des contacts proches avec le malade est également traité, on parle d’antibiothérapie prophylatique. Il doit débuter le plus tôt possible et concerne :

  • Les nourrissons de moins de 6 mois ou ceux de 7-11 mois non ou incomplètement vaccinés (moins de 2 doses).
  • Les personnes âgées de plus de 80 ans.
  • Les personnes immunodeprimées.
  • Les personnes atteintes de pathologies des voies respiratoires chroniques (asthme, BPCO).
  • Les femmes enceintes au troisième trimestre dont le dernier rappel de vaccination de la coqueluche date de plus de 5 ans.
  • Les enfants et les adultes dont la dernière vaccination date de plus de 5 ans et qui sont en contact avec les populations précédemment citées.
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Important : Les traitements présentés ici sont cités à titre purement informatif. Suivez scrupuleusement les indications de votre médecin, qui est la seule personne habilitée à déterminer les médicaments que vous devrez prendre. La prescription médicamenteuse est personnalisée et se base sur des facteurs uniques à chacun, incluant votre âge, votre condition physique, vos antécédents médicaux…

L’importance de la vaccination contre la coqueluche.

La vaccination contre la coqueluche, essentielle et intégrée au calendrier des vaccins recommandés en France, joue un rôle crucial dans la réduction significative de l’incidence de cette infection respiratoire. L’efficacité de cette stratégie est amplifiée par l’inclusion du vaccin dans une formule combinée qui assure également une protection contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. La campagne de vaccination se poursuit tout au long de la vie avec des rappels programmés, assurant une couverture continue selon le calendrier vaccinal suivant :

  • Nouveaux-nés : à 2 mois, 4 mois et un rappel à 11 mois.
  • Enfants : 6 ans et un rappel entre 11 et 13 ans.
  • Adultes : à 25 ans (rattrapage possible jusqu’à 40 ans).

Depuis 2022, en réponse à l’importance cruciale de protéger les nouveau-nés, la vaccination contre la coqueluche est recommandée pendant la grossesse, entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée, et à chaque grossesse. Pour celles et ceux qui ne sont pas vaccinés durant la grossesse, la vaccination est également conseillée pour les parents en post-partum ainsi que pour toute personne en contact proche avec le nourrisson durant ses premiers mois.

L’adoption de mesures préventives, comme le port du masque dans les espaces à risque, est fortement conseillée pour compléter la protection vaccinale, surtout dans les contextes d’épidémie d’infections respiratoires. Ces pratiques collectives et individuelles sont essentielles pour contrôler et prévenir efficacement la propagation de la coqueluche.
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Quelques conseils de rétablissement

Après avoir combattu la coqueluche, il est essentiel de prendre soin de votre corps pendant la phase de rétablissement. La reprise des activités doit être gérée avec prudence pour éviter toute complication supplémentaire. Il est important de reprendre progressivement toute activité physique afin de prévenir des blessures telles que les fractures de fatigue, qui sont un risque notable pour ceux qui reprennent le sport ou tout exercice intense après une période prolongée d’inactivité.

Pour faciliter un rétablissement sécuritaire et efficace, voici quelques conseils supplémentaires :

  • Repos adéquat : assurez-vous de maintenir un bon équilibre entre activité et repos. Dormir suffisamment aide le corps à se réparer et à se renforcer après l’épreuve d’une maladie.
  • Hydratation et nutrition : une bonne hydratation et une alimentation équilibrée sont vitales. Il est recommandé de consomme des aliments riches en vitamines, minéraux, et protéines pour aider votre corps à reconstruire les tissus et renforcer le système immunitaire.
  • Reprise graduelle de l’exercice : commencez par des exercices légers tels que la marche ou le yoga. Augmentez l’intensité et la durée de l’exercice graduellement, en fonction de votre réponse physique et selon les conseils de votre médecin.
  • Suivi médical : planifiez des consultations de suivi avec votre médecin pour surveiller votre rétablissement. Discutez de toute préoccupation ou symptôme inhabituel que vous pourriez expérimenter pendant votre convalescence.
  • Écoute de votre corps : soyez attentif aux signaux de votre corps. En cas de douleur, de fatigue excessive ou de tout autre symptôme inhabituel, réduisez vos activités et consultez un professionnel de santé.
  • Évitez les environnements enfumés ou pollués : les poumons peuvent rester sensibles après une infection des voies respiratoires telle que la coqueluche. Éviter les irritants tels que la fumée de cigarette et la pollution peut contribuer à une meilleure guérison.

En suivant ces lignes directrices, vous pouvez aider à assurer un rétablissement plus sûr et plus rapide.

À retenir : la coqueluche en 3 points

  1. La coqueluche est une maladie infectieuse respiratoire causée par la bactérie Bordetella pertussis.
  2. Cette maladie se manifeste par des quintes de toux sévères, des difficultés respiratoires et peut entraîner des complications graves chez les nouveaux-nés et les femmes enceintes.
  3. Le traitement repose sur l’antibiothérapie du malade et de son entourage proche. La prévention, elle, repose sur la vaccination et l’adoption de mesures de protection telles que les gestes barrières.
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