Tout ce que vous devez savoir sur la rhinopharyngite
L
Chaque année, la baisse des températures annonce la venue du nez qui coule, des toux intempestives et de la fatigue. La rhinopharyngite constitue la 1ère pathologie infectieuse chez l’enfant et la 1ère cause de consultation en pédiatrie. Elle est également fréquente chez l’adulte, et survient essentiellement en automne et en hiver (1,2).
Focus sur celle qu’on appelle également « rhinite » ou plus communément, « rhume ».
Qu’est-ce qu’une rhinopharyngite ?
La rhinopharyngite est une infection virale bénigne des muqueuses de la cavité nasale et du pharynx. Plusieurs virus sont responsables de cette maladie, incluant le rhinovirus, le virus influenzae (grippe), le virus respiratoire syncytial, certains coronavirus, etc…
En condition normale, la muqueuse nasale sécrète un liquide appelé « mucus », dont les rôles sont d’humidifier l’air inspiré et de servir de barrière contre les agents infectieux. Lors de l’infection par un virus, cette muqueuse se met à gonfler, s’irrite et les sécrétions de mucus augmentent. Ces deux facteurs sont à l’origine du « nez bouché » et du « nez qui coule ». On observe également une inflammation de la muqueuse, incluant des rougeurs, un œdème (gonflement) et de la douleur. (1-5)
Le saviez-vous ?
La rhinopharyngite de l’enfant et de l’adulte présente des caractéristiques différentes, dues en partie au déficit immunitaire physiologique chez l’enfant. Ce déficit explique par ailleurs que les enfants attrapent plus souvent des rhumes que les adultes. En effet, chez l’enfant, chaque infection virale induit une immunité de courte durée qui ne protège pas contre d’autres virus, ce qui permet des réinfections multiples.
Comment attrape-t-on une rhinopharyngite ?
Les virus responsables de rhinopharyngite se transmettent essentiellement par contact direct (les postillons, les baisers, ou par les mains) ou indirect (objets souillés par la salive, et manipulés par les enfants comme les jouets, les couverts, le linge de toilette, etc…).
Les facteurs favorisant la survenue de cette maladie chez l’adulte et l’enfant peuvent être :
- Un déficit immunitaire lié à la fatigue, au stress, au surmenage et à certaines maladies chroniques
- Une carence en fer
- Un terrain allergique
- Un reflux-gastro-œsophagien entraînant une irritation du pharynx et son inflammation (pharyngite)
- Le tabagisme, la pollution ou la sécheresse de l’air, qui contribuent à réduire la mobilité des cils, empêchant l’évacuation du mucus
- La vie en communauté, dans laquelle les contacts sont fréquents
- L’absence d’allaitement. En effet, le lait maternel contribue à pallier l’immaturité du système immunitaire.
(1,3)
Quels sont les symptômes de la rhinopharyngite ?
Chez l’enfant, les premiers symptômes apparaissent après une période d’incubation de 1 à 7 jours, avec une fièvre modérée, associée à un nez bouché et des écoulements nasaux. En général, la fièvre ne dure pas plus de 3 jours, et les écoulements nasaux durent de 2 à 10 jours. Ces symptômes peuvent être accompagnés d’éternuements, d’une toux et d’un mal de gorge.
Chez l’adulte, les premiers symptômes affectent l’état général de la personne, avec de la fatigue, des frissons, une sensation de « tête lourde » et parfois, des courbatures.
Les troubles rhinopharyngés surviennent dans les heures qui suivent, et incluent :
- Une sécheresse, voire des brûlures au niveau du rhinopharynx
- Des démangeaisons du nez pouvant provoquer des éternuements
- Des yeux larmoyants
L’obstruction nasale apparaît ensuite, et est accompagnée d’écoulements nasaux. La personne doit se moucher fréquemment, ce qui irrite le nez et la lèvre supérieure.
D’autres symptômes peuvent survenir, incluant des maux de têtes, la sensation d’avoir le visage congestionné, ainsi que des douleurs sourdes au niveau des oreilles, avec l’impression qu’elles sont bouchées. Chez l’adulte, il n’y a généralement pas de fièvre.
La rhinopharyngite est facilement confondue avec la rhinite allergique, qui n’est pas d’origine infectieuse.
Concernant les complications, la rhinopharyngite peut laisser la place à d’autres infections virales, provoquant entre autres des bronchites, des bronchiolites, des laryngites, des sinusites…
Des complications d’origine bactérienne peuvent également survenir.
Chez l’enfant, la maladie récidive fréquemment, au point qu’on parle parfois de « rhume perpétuel ». Cette récidive peut provoquer un gonflement des végétations (des petits organes situés au fond du nez, dans la partie supérieure de la gorge, jouant un rôle dans la réponse immunitaire). Ce gonflement favorise la survenue de complications, et nécessite parfois l’ablation des végétations par chirurgie sous anesthésie générale.
Le saviez-vous ?
Les écoulements nasaux prennent différentes couleurs. Au départ liquides et translucides, elles deviennent épaisses et jaunes ou verdâtres au fur et à mesure de l’avancée de la rhinopharyngite. L’épaississement des écoulements est due à la présence de cellules de desquamation de la muqueuse nasale.
En aucun cas, l’épaississement du mucus n’est forcément due à une complication bactérienne.
Pour en savoir plus sur ce qu’il se passe quand le « nez coule », consultez notre article dédié.
(1,3,6)
Quels sont les traitements de la rhinopharyngite ?
Que ce soit chez l’adulte ou chez l’enfant, la rhinopharyngite ne nécessite pas de médicaments en général.
Les antibiotiques ne sont pas indiqués dans le traitement. Cette classe de médicaments sert à traiter les infections d’origine bactérienne, or la rhinopharyngite étant d’origine virale, ils n’auront aucun bénéfice pour le patient.
Pour le traitement des voies nasales, le lavage et le mouchage sont suffisants.
En cas de fièvre ou de douleurs trop intenses, le paracétamol constitue le traitement de référence, à dose minimale.
En cas de conjonctivite, un collyre est généralement prescrit. Si une otite survient, le médecin saura vous orienter vers le traitement adéquat, en prenant en compte l’examen médical et le contexte. (7-9)
Important : Les traitements présentés ici sont cités à titre purement informatif. Suivez scrupuleusement les indications de votre médecin, qui est la seule personne habilitée à déterminer les médicaments que vous devrez prendre. La prescription médicamenteuse est personnalisée et se base sur des facteurs uniques à chacun, incluant votre âge, votre condition physique, vos antécédents médicaux…
Comment prévenir la rhinopharyngite ?
La prévention de la rhinopharyngite repose principalement sur des mesures hygiéniques et des gestes barrières :
- Se laver les mains régulièrement
- Porter des vêtements chauds durant les saisons froides
- Aérer régulièrement les pièces (même en hiver) et humidifier l’air ambiant si nécessaire
- Faire de l’exercice
Pour prévenir la maladie chez l’enfant, des mesures plus spécifiques sont à mettre en place :
- Se laver les mains régulièrement et celles de son enfant
- Eviter les contacts et éviter les collectivités avant l’âge de 3 mois
- Apprendre à son enfant à se moucher et à tousser
- Ne pas exposer son enfant à un environnement enfumé (tabagisme passif)
En complément, découvrez 5 réflexes pour éviter le rhume. (10,11)
4 points essentiels à connaitre sur la rhinopharyngite
- Infection virale bénigne des muqueuses de la cavité nasale et du pharynx
- Les principaux symptômes sont des écoulements nasaux et une congestion du nez, avec la présence d’une fièvre chez l’enfant
- Il n’y a pas d’indication médicamenteuse en particulier. La guérison se fait naturellement. Seules les complications nécessitent parfois un traitement
- Les mesures de préventions allient des mesures d’hygiènes ainsi que des gestes barrières, notamment pour protéger les enfants
(1,3,6-11)
Références
1. AMELI – Reconnaître la rhinopharyngite de l’adulte.
2. Couloigner V. – Rhinopharyngites de l’enfant. EMC-Oto-rhino-laryngologie, 2004.
3. AMELI – Reconnaître la rhinopharyngite du bébé et de l’enfant.
4. Institut Pasteur de Lille – Une pandémie inédite : tout savoir sur le nouveau Coronavirus.
6. VIDAL – Rhinopharyngite de l’enfant.
7. AMELI – Le traitement de la rhinopharyngite de l’enfant.
8. HAS – Choix et durées d’antibiothérapies : rhinopharyngite aiguë de l’enfant.
9. AMELI – Rhinopharyngite de l’adulte : quel traitement ?

