Les douleurs au genou chez les coureurs : symptômes et traitements
S
elon l’OMS, la pratique d’une activité physique régulière chez l’adulte est essentielle à la prévention de certaines maladies. Elle améliore également la santé mentale, la santé cognitive, le sommeil et la masse adipeuse mesurée. Les activités d’endurance permettent d’améliorer la fonction cardio-respiratoire, et parmi elles, la course à pied ne manque pas d’adeptes. Comme toutes pratiques sportives, il est capital de rester à l’écoute de son corps afin d’éviter des blessures qui pourraient entraîner une interruption totale de ces activités sur le long terme.
Focus sur quelques pathologies du genou présentes chez les coureurs.
(1-3)
Quelques bases sur le genou et ses articulations
Le genou est une articulation complexe. Les deux os principaux la constituant sont le fémur (os de la cuisse) et le tibia (os du bas de la jambe, avec le péroné).
Le cartilage désigne la partie recouvrant les surfaces articulaires et qui permet de faire glisser le tibia et le fémur l’une sur l’autre.
Les ménisques servent à absorber les chocs, stabiliser l’articulation et permettre un ajustement parfait entre tibia et fémur.
La capsule est une enveloppe fibreuse s’étendant de l’extrémité inférieure du fémur à l’extrémité supérieure du tibia. Elle recouvre entièrement l’articulation du genou.
Les bourses synoviales sont des poches situées dans l’articulation. Elles contiennent le liquide synovial qui nourrit et lubrifie les surfaces articulaires. Les bourses synoviales favorisent le glissement des différents éléments de l’articulation.
Les deux ligaments latéraux (internes et externes) comme les deux ligaments croisés, contribuent à la stabilité du genou, tout comme les muscles insérés sur les os et la capsule.
(4.)
Qu’est-ce que la gonalgie ?
Le terme « gonalgie » désigne tout simplement les douleurs au genou. Elles peuvent être de différentes origines.
- Fracture du tibia ou du fémur, avec ou sans fracture des cartilages
- Élongation ou rupture des ligaments (entorse du genou)
- Lésions des ménisques (ruptures, fissures)
Chez les sportifs, les fractures spontanées sont parmi les gonalgies non traumatiques d’origine mécanique les plus fréquentes.
Le traitement d’une gonalgie dépend de sa cause. Dans un premier temps, il est utile d’utiliser du froid (poche de glace) dans les 48-72h pour réduire la douleur et l’inflammation.
Le saviez-vous ?
Le froid et le chaud sont complémentaires dans le traitement des gonalgies.
En effet, chacun possède ses propriétés :
- Le froid limite l’inflammation par diminution du métabolisme, diminue les œdèmes (gonflements) et les hématomes en raison d’une réduction de la viscosité sanguine et il réduit la douleur par action anesthésiante
- La chaleur provoque quant à elle, une augmentation du métabolisme et de la viscosité sanguine, et donc de l’inflammation. En revanche, elle favorise les processus de réparation et diminue les spasmes musculaires.
C’est pour ces raisons que bien qu’une fois le froid appliqué, la chaleur est indiquée dans un deuxième temps. Leurs effets complémentaires sont bénéfiques pour le traitement des gonalgies.
Une antalgie médicamenteuse (traitement par anti-douleurs) peut également être envisagée. Elle peut également être suivie d’une immobilisation et d’une surélévation du genou, dans le but de diminuer le processus inflammatoire post-traumatique et de favoriser la cicatrisation sur le long terme.
(3,4)
La pathologie du genou la plus fréquente chez le coureur : le syndrome douloureux fémoro-patellaire
Le syndrome douloureux fémoro-patellaire (SDFP) est le diagnostic le plus fréquemment posé, retrouvé chez 16 à 25 % des coureurs à pied. Il s’agit d’une douleur antérieure (à l’avant) du genou, au niveau de la patella, après exclusion de lésions intra-articulaires ou péri-patellaires. Sa cause est un mauvais cheminement de la patella lors de la mobilisation du genou, ce qui entraîne une compression excessive sur les facettes patellaires.
La douleur se situe généralement derrière ou autour de la rotule. Elle est exacerbée lors de la marche rapide, de la course à pied ou toute activité impliquant une flexion du genou.
Les facteurs de risques intrinsèques comprennent entres autre la faiblesse du quadriceps en lien avec une hypotrophie (défaut de développement ou diminution du volume d’un tissu) musculaire, des anomalies de la trochlée ou de la patella, un manque de souplesses des ischio-jambiers ou des quadriceps ou des antécédents de traumatismes ou de chirurgie de la rotule. Pour les facteurs extrinsèques, on suggère le type de sport pratiqué, les conditions environnementales (escaliers, pentes, le type de surface, ainsi que l’équipement utilisé.
Le traitement est basé sur la rééducation avec étirement des muscles ischio-jambiers et tonification du quadriceps, ainsi qu’un repos partiel ou complet.
(3,5)
Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale (BIT)
Le syndrome de la BIT fait également partie des pathologies fréquemment retrouvées chez les coureurs. Il survient lors de frictions à répétition de la BIT, qui se déplace de part et d’autre du condyle fémoral externe, lors d’une activité comprenant des cycles de flexions-extensions répétées des genoux. Ce syndrome apparaît fréquemment après une activité physique intense.
La douleur prend la forme d’une brûlure, qui limite la pratique sportive. Elle est souvent absente lors du repos ou de la marche.
Les facteurs de risques sont une hyperpronation du pied (affaissement excessif du pied du côté du gros orteil), un genu varum (déviation des genoux vers l’extérieur), des condyles fémoraux anormalement proéminents et une torsion tibiale interne.
En complément des mesures de traitement des gonalgies, sa prise en charge implique une réduction de l’activité pratiquée (à reprendre graduellement), et la mise en place d’un programme de réadaptation. Dans le cas où le patient souhaite poursuivre la course à pied, il est utile d’adapter le matériel utilisé.
(3.)
Une autre pathologie classique du coureur : la périostite tibiale
Le périoste est la membrane fibro-conjonctive qui constitue la couche la plus superficielle de la corticale osseuse. Il joue un rôle essentiel dans la vascularisation et la croissance de l’os.
La périostite tibiale est une inflammation du périoste du tibia. Elle se traduit par une douleur au milieu de la jambe et chez les coureurs, elle survient après une pratique trop intense en durée et en fréquence. Une pratique sans progressivité ne permet pas à l’os de se réparer et de se renforcer entre chaque séance d’entraînement.
On considère qu’elle représente 20 % des lésions retrouvées chez les coureurs, qu’elle touche les deux jambes une fois sur deux et qu’elle est plus souvent présente chez les femmes.
Sa physiopathologie est encore mal connue, mais impliquerait deux mécanismes : la compression et la traction du tibia, qui entraînent des microfissures de la corticale osseuse.
Il existe des facteurs favorisants d’ordre morphologiques (pied plat vaglus avec pronation excessive du pied, pied creux contracté, inégalité de longueur des membres inférieurs, etc…) et fonctionnels (foulée hyperpronatrice, augmentation trop rapide de la charge d’entrainement en intensité et en fréquence, mauvais matériel, terrain dur et/ou déformé, etc…), ainsi que le surpoids, le sexe féminin, les antécédents de périostite et un déficit en calcium et en vitamine D.
Le traitement est basé sur le repos relatif, parfois supplémenté de glaçage et de paracétamol, si les douleurs ne partent pas. La reprise de l’activité physique doit être progressive, en fonction de leur nature, et doit être accompagnée d’une rééducation spécifique. La chirurgie est très rarement nécessaire. De manière générale, l’évolution est favorable, mais longue (2 à 3 mois minimum), ce qui nécessite une grande patience de la part du coureur.
Pour des informations et conseils pertinents sur le running, aussi bien dans le cadre d’une pratique amateur, que professionnelle, rendez-vous sur https://athleexplique.fr/
Important : Les traitements présentés ici sont cités à titre purement informatif. Suivez scrupuleusement les indications de votre médecin, qui est la seule personne habilitée à déterminer les médicaments que vous devrez prendre. La prescription médicamenteuse est personnalisée et se base sur des facteurs uniques à chacun, incluant votre âge, votre condition physique, vos antécédents médicaux…
(6,7)
À retenir : les douleurs au genou chez le coureur en 4 points
- Le genou est une articulation complexe, composée de trois os : le fémur, le tibia et le péroné
- Les gonalgies désignent les douleurs au genou. Elles peuvent être de différentes origines.
- Les pathologies du genou retrouvées fréquemment chez les coureurs incluent le syndrome douloureux fémoro-patellaire, le syndrome de la BIT et la périostite tibiale
- Le traitement est dépendant de la pathologie, mais inclue de manière générale, un repos relatif, une rééducation, ainsi qu’une adaptation du matériel en vue de la reprise de l’activité physique
(3,4)
Prévenir les douleurs du genou, c’est possible en s’échauffant correctement avant chaque course, et en s’étirant après !
Références
- OMS – Recommandations mondiales sur l’activité physique pour la santé.
- Revue médicale suisse – Gonalgies : que faire en médecine de premier recours ?
- AMELI – Gonalgie : définition, symptômes et causes.
- Revue médicale suisse – Mieux comprendre le syndrome douloureux fémoro-patellaire…pour mieux le traiter.
- Larousse – Périoste.
- VIDAL – Périostite tibiale : progressivité, prudence, patience.

