Pyélonéphrite aiguë : les signes d’alerte à surveiller

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ne pyélonéphrite désigne une infection du rein, et de l’uretère le reliant à la vessie. Le plus souvent d’origine bactérienne, elle doit être prise en charge rapidement, en particulier chez les personnes vulnérables comme les femmes enceintes. Quelles sont les particularités de cette infection urinaire ? Quels signaux doivent vous alerter et quand consulter ? (1.)

Zoom sur l’infection des voies urinaires hautes.

Qu’est-ce qu’une pyélonéphrite ?

Les reins sont situés sous les côtes, de part et d’autre de la colonne vertébrale. Contrairement à la croyance populaire, ils ne sont pas situés sur le bas du dos. Ressemblant à de gros haricots bruns d’une douzaine de centimètres, ils sont connus pour leur fonction de filtration du sang et de l’évacuation de ses déchets dans l’urine.

L’appareil urinaire est composé des reins, chacun relié à la vessie par un uretère.

La cystite est une infection urinaire localisée au niveau de la vessie, d’origine bactérienne, due en majeur partie à Escherichia coli. En effet, cette bactérie naturellement présente dans le tube digestif peut, sous certaines conditions, pénétrer dans l’urètre au niveau du périnée, et remonter dans la vessie pour commencer à la coloniser.

Souvent, les bactéries impliquées dans la cystite réussissent à remonter jusqu’aux reins, et par conséquent, à les infecter. On parle alors de pyélonéphrite. Considérée comme une infection urinaire haute, elle ne concerne généralement qu’un seul rein, et donc un seul uretère.

Le saviez-vous ?

Chez la femme (adulte ou enfant), l’urètre est de faible longueur comparée à celui de l’homme, ce qui explique que la cystite soit plus fréquente chez elle.
La pyélonéphrite ne fait pas exception, et le risque de survenue augmente lors de la grossesse. En effet, 6 % des femmes enceintes présentent sans le savoir, des germes dans leur urines. Les spécificité hormonales et anatomiques retrouvées lors de la grossesse favorisent le risque que ces germes remontent jusqu’aux reins.

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Quels sont les signes et les symptômes de la pyélonéphrite aiguë ?

Chez l’adulte jeune

Comme évoqué précédemment, la pyélonéphrite survient souvent à la suite d’une cystite.

Les symptômes de la cystite sont assez discrets, se résumant en des brûlures urinaires et des envies fréquentes d’uriner. Cependant, lorsqu’elle évolue en pyélonéphrite, des symptômes pouvant faire office de signaux d’alertes apparaissent de manière brutale :

  • Fièvre (supérieure à 38,5 °C), frissons et sensation de malaise
  • Douleurs lombaires ou abdominales, le plus souvent d’un seul côté puisque c’est en général l’un des reins seulement qui est touché. Ces douleurs peuvent être spontanées ou présentes seulement lors de palpation, et se diffuser des côtes vers le pubis
  • Troubles digestifs incluant nausées, vomissements, diarrhées et ballonnements.

Il est intéressant de noter que ces symptômes sont ceux décrits chez l’adulte jeune. Chez l’enfant en bas âge et la personne âgée, les apparences peuvent être trompeuses…

Chez la personne âgée

Chez la personne âgée, l’altération de l’état général est encore plus brutale. On observe une atteinte des fonctions mentales (confusion), mais une absence de fièvre dans certains cas. La pyélonéphrite pouvant être grave dans cette population, des signes comme des troubles de la conscience, des troubles respiratoires, une fatigue extrême ainsi qu’une peau pâle ou marbrée tendent vers une hospitalisation en urgence.

Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, une surveillance particulière doit être mise en place afin d’éviter la survenue d’une pyélonéphrite aiguë à complications, si trois des signes suivants apparaissent :

  • Perte de poids inexpliquée au cours de la dernière année
  • Lenteur dans la marche
  • Endurance limitée
  • Fatigue générale
  • Diminution de l’activité physique

Chez l’enfant en bas âge

Chez l’enfant en bas âge ou le nourrisson, la pyélonéphrite aiguë se manifeste par des symptômes différents de ceux chez l’adulte ou le grand enfant, pouvant être :

  • Une fièvre inexpliquée
  • Des pleurs en urinant, avec une urine de couleur et d’odeur inhabituelle, et la présence de sang
  • Une perte d’appétit
  • Des troubles digestifs (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales)
  • Un changement d’humeur avec irritabilité
  • Une perte de poids

Le saviez-vous ?

On parle de maladie aiguë lorsque celle-ci survient brutalement, et dont les symptômes évoluent rapidement.
À l’inverse, une maladie chronique survient de manière progressive avec une évolution lente des symptômes, et sans tendance à la guérison.

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Situations à risque de complications

En fonction du contexte, une pyélonéphrite aiguë peut conduire à des complications dans les situations suivantes :

  • Présence d’anomalies des voies urinaires ou intervention récente sur l’appareil urinaire
  • En fonction du sexe, risque d’infection de la prostate chez l’homme, et risques d’infection grave et de transmission mère-enfant chez la femme enceinte
  • Immunodépression grave (cancer, VIH, greffe rénale, traitement immunosuppresseur)
  • Présence d’une maladie rénale chronique avec insuffisance rénale sévère

Comment traiter la pyélonéphrite aiguë ?

Si vous reconnaissez des symptômes, n’attendez pas pour consulter un médecin.

Il demandera des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic. Ils incluent un test par bandelette urinaire afin de repérer une inflammation, qui, si elle s’avère positive, est complétée par un examen cytobactériologique des urines (ECBU), afin d’identifier le germe responsable de l’infection.

Le traitement consiste en la prise d’antibiotiques. Il convient de commencer le traitement immédiatement après le recueil des urines, les résultats de l’ECBU permettant ensuite d’ajuster le traitement. La durée du traitement varie de 7 à 14 jours, en fonction de l’antibiotique utilisé.

Une pyélonéphrite aiguë à risque de complication se traite de la même manière.

Dans le cas d’une pyélonéphrite aiguë grave, une hospitalisation d’urgence est nécessaire, associant une antibiothérapie à un drainage chirurgical des urines.

Quelle que soit sa gravité, la pyélonéphrite aiguë est considérée comme une urgence médicale.

Important : Les traitements présentés ici sont cités à titre purement informatif. Suivez scrupuleusement les indications de votre médecin, qui est la seule personne habilitée à déterminer les médicaments que vous devrez prendre. La prescription médicamenteuse est personnalisée et se base sur des facteurs uniques à chacun, incluant votre âge, votre condition physique, vos antécédents médicaux…
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Comment prévenir la pyélonéphrite aiguë ?

La prévention de la pyélonéphrite aiguë est la même que pour les autres types d’infection urinaire. Elle passe essentiellement par des mesures hygiéno-diététiques :

Boire suffisamment d’eau (1,5 litres d’eau par jour au minimum) ou de liquides non alcoolisés afin de permettre d’uriner suffisamment pour évacuer les bactéries de la vessie

Ne pas se retenir d’uriner et évacuer toute l’urine de la vessie

S’essuyer de l’avant à l’arrière après avoir uriné, afin de ne pas contaminer l’appareil urinaire avec des germes provenant des selles

Ne pas prendre de douches vaginales lors de la toilette intime

Uriner après chaque rapport sexuel et éviter les spermicides (médicaments désactivant ou inactivant les spermatozoïdes).

Les anomalies de l’appareil urinaire (incontinence urinaire, reflux vésico-urétral (remontée de l’urine de la vessie vers les reins)) sont des facteurs augmentant le risque de survenue de cystite et donc de pyélonéphrite. Il convient de les traiter afin de prévenir ce type d’infection. (8.)

À retenir : La pyélonéphrite aiguë en 3 points

  1. Une pyélonéphrite désigne une infection des reins, le plus souvent comme conséquence d’une cystite

  2. Des signaux d’alerte existent, comme une fièvre, des douleurs lombaires et abdominales et des troubles digestifs. Certaines populations particulières présentent cependant des signes spécifiques

  3. La pyélonéphrite est traitée par l’administration d’antibiotiques, et sa prévention passe essentiellement par des mesures hygiéno-diététiques

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