Le calendrier grossesse désigne le découpage chronologique des 40 semaines d’aménorrhée qui séparent le premier jour des dernières règles de l’accouchement, soit environ 9 mois de gestation. Ce repère temporel permet aux futures mamans et aux professionnels de santé de planifier les consultations, les examens biologiques et les échographies au bon moment. Comprendre ce calendrier, c’est s’approprier pleinement le suivi médical de sa grossesse.
En France, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), une grossesse bien suivie comprend au minimum 7 consultations prénatales obligatoires, 3 échographies de référence et une déclaration de grossesse avant la fin de la 14e semaine d’aménorrhée (SA). Ces jalons structurent un parcours de soin cohérent, du premier trimestre jusqu’à la naissance.
Cet article détaille, semaine après semaine et trimestre par trimestre, chaque étape du calendrier de grossesse : développement du fœtus, examens à ne pas manquer, signes à surveiller et conseils pour aborder chaque phase sereinement. Une FAQ clôture le guide pour répondre aux interrogations les plus fréquentes.
Qu’est-ce que le calendrier de grossesse et comment se calcule-t-il ?
Comment la durée d’une grossesse est-elle mesurée ?
En obstétrique, la durée d’une grossesse se calcule en semaines d’aménorrhée (SA), et non en semaines de grossesse réelles. Le point de départ est le premier jour des dernières règles, et non la date de conception. Une grossesse dure ainsi 41 SA en moyenne, soit 39 semaines de développement embryonnaire puis fœtal.
Cette convention médicale est universelle et permet à tous les praticiens de parler le même langage. Concrètement, au moment où la conception a lieu (autour de J14 pour un cycle de 28 jours), la femme est déjà considérée enceinte de 2 SA selon ce calcul. Il est donc normal que les premières semaines du calendrier prénatal semblent « vides » sur le plan embryologique.
Terme, date d’accouchement prévu : comment les calculer ?
La date d’accouchement prévue (DAP) correspond à 41 SA révolues. Pour la calculer simplement, on ajoute 9 mois et 7 jours au premier jour des dernières règles. Un terme entre 37 SA et 41 SA + 6 jours est considéré comme normal par la communauté médicale internationale.
Seules 5 % des femmes accouchent exactement à la date prévue. Une naissance avant 37 SA est dite prématurée, tandis qu’un dépassement du terme au-delà de 41 SA + 6 jours justifie une surveillance obstétricale renforcée, voire un déclenchement. Ces données chiffrées illustrent la variabilité naturelle autour du terme théorique.
Premier trimestre (SA 1 à SA 13) : les fondations du développement
Que se passe-t-il entre la SA 1 et la SA 4 ?
Les quatre premières semaines du calendrier gestationnel correspondent à la période péri-conceptionnelle. La fécondation survient aux alentours de la SA 2-3, suivie de la nidation de l’embryon dans la muqueuse utérine vers SA 3-4. À ce stade, l’embryon mesure moins d’un millimètre.
Aucun signe clinique évident n’est encore perceptible pour la future mère. Toutefois, certaines femmes signalent une légère fatigue ou une sensibilité mammaire dès cette période. Ces manifestations précoces résultent de l’élévation rapide du taux de bêta-hCG, l’hormone de grossesse produite par le trophoblaste.
SA 5 à SA 8 : l’embryon prend forme
Entre 5 et 8 SA, le coeur embryonnaire commence à battre, généralement détectable par échographie endovaginale vers 6 SA. La fréquence cardiaque embryonnaire se situe alors entre 90 et 110 battements par minute, pour atteindre 160 à 170 bpm vers 9-10 SA. Les ébauches des membres, du cerveau et des organes principaux apparaissent progressivement.
C’est souvent durant cette fenêtre que les nausées matinales sont les plus intenses, affectant environ 70 à 80 % des femmes enceintes selon les études. Ces symptômes, bien que pénibles, témoignent d’un bon niveau hormonal. Ils s’atténuent habituellement autour de 12-14 SA.
Quels sont les examens incontournables du premier trimestre ?
Le premier trimestre concentre plusieurs examens fondamentaux dans le calendrier de suivi :
- La déclaration de grossesse : à effectuer avant 14 SA auprès de la Caisse d’Assurance Maladie et de la CAF
- La première consultation prénatale : idéalement entre 8 et 10 SA, elle comprend un examen clinique complet, une prise de tension artérielle et un bilan sanguin
- La première échographie (entre 11 SA et 13 SA + 6 jours) : elle mesure la longueur cranio-caudale (LCC), évalue la clarté nucale et date précisément la grossesse
- Le dépistage de la trisomie 21 : combinant la mesure de la clarté nucale, le dosage des marqueurs sériques maternels (PAPP-A et bêta-hCG libre) et l’âge maternel, il est proposé à toutes les femmes entre 11 et 13 SA + 6 jours
La Haute Autorité de Santé recommande également un dépistage systématique des infections urinaires, de la toxoplasmose et de la rubéole lors du bilan biologique initial.
Deuxième trimestre (SA 14 à SA 27) : la période de stabilisation
Qu’apporte le deuxième trimestre sur le plan médical ?
Le deuxième trimestre est souvent décrit comme la période la plus confortable de la grossesse. Les nausées s’estompent, le risque de fausse couche diminue considérablement (il passe de 15-20 % au premier trimestre à moins de 1 % après 14 SA) et l’énergie revient progressivement. Le ventre commence à s’arrondir de façon visible entre 16 et 20 SA.
Sur le plan fœtal, cet intervalle est celui d’une croissance rapide. À 20 SA, le fœtus mesure environ 25 cm et pèse autour de 300 g. Les mouvements actifs deviennent perceptibles par la mère entre 18 et 22 SA, phénomène appelé « premiers mouvements actifs fœtaux ».
La deuxième échographie morphologique : un examen clé
L’échographie du deuxième trimestre, réalisée entre 20 et 25 SA, est l’examen le plus attendu du calendrier prénatal. Elle explore en détail la morphologie fœtale : cerveau, coeur, reins, membres, paroi abdominale, colonne vertébrale. Elle localise également le placenta et évalue le volume de liquide amniotique.
C’est lors de cette échographie que les parents souhaitant connaître le sexe de l’enfant peuvent en faire la demande. En France, environ 85 % des couples choisissent de connaître le sexe à cette occasion. L’échographiste mesure également la longueur du col utérin pour dépister un risque d’accouchement prématuré.
Quelles consultations sont prévues entre 14 et 27 SA ?
Le suivi mensuel s’organise comme suit :
- Consultation du 4e mois (entre 15 et 17 SA) : surveillance du poids, de la tension artérielle, mesure de la hauteur utérine, recherche de protéinurie
- Consultation du 5e mois (entre 19 et 21 SA) : réalisée idéalement en coordination avec l’échographie morphologique
- Consultation du 6e mois (entre 23 et 25 SA) : bilan biologique complet comprenant la numération formule sanguine (NFS), le dépistage du diabète gestationnel (test d’O’Sullivan ou HGPO 75 g) et la vérification du groupe sanguin si rhésus négatif
Le Ministère de la Santé insiste sur l’importance du dépistage du diabète gestationnel entre 24 et 28 SA, pathologie touchant 8 à 10 % des grossesses en France.
Troisième trimestre (SA 28 à SA 41) : la préparation à la naissance
Comment le corps et le fœtus évoluent-ils au troisième trimestre ?
À partir de 28 SA, le fœtus entre dans une phase de maturation intense. Son poids passe d’environ 1 kg à 28 SA à 3,3 kg en moyenne à terme. Les poumons achèvent leur maturation autour de 34-36 SA, ce qui explique pourquoi les bébés nés avant 34 SA nécessitent souvent une assistance respiratoire.
Pour la future mère, ce trimestre s’accompagne de désagréments croissants : reflux gastro-oesophagiens, lombalgies, jambes lourdes, difficultés à trouver une position de sommeil confortable. La surveillance médicale s’intensifie pour détecter toute complication tardive.
Quels examens sont prévus entre 28 SA et le terme ?
Le rythme des consultations s’accélère en fin de grossesse :
- 7e mois (28-30 SA) : NFS de contrôle, dépistage de l’agglutinine irrégulière (RAI) si rhésus négatif, entretien avec la sage-femme ou le gynécologue sur le projet de naissance
- 8e mois (32-34 SA) : troisième échographie du troisième trimestre (entre 30 et 35 SA), estimation du poids fœtal, position du bébé (présentation céphalique ou siège), localisation placentaire définitive
- 9e mois (36-38 SA) : prélèvement vaginal pour recherche du streptocoque B (strepto B), consultation pré-anesthésique obligatoire, vérification que la présentation est bien en tête
- À partir de 39 SA : consultations rapprochées tous les 7 à 10 jours jusqu’au déclenchement ou à l’entrée en travail spontané
Qu’est-ce que le monitoring fœtal et quand commence-t-il ?
Le monitoring, ou cardiotocographie (CTG), enregistre simultanément la fréquence cardiaque fœtale et les contractions utérines. Il est systématiquement réalisé à partir de 36-37 SA lors des consultations de fin de grossesse. Cet examen indolore dure entre 20 et 30 minutes.
Un rythme cardiaque fœtal normal oscille entre 110 et 160 bpm au repos. Toute anomalie du tracé, comme des décélérations prolongées ou une variabilité réduite, justifie une surveillance hospitalière immédiate. Le monitoring est également l’outil central de la surveillance en salle de naissance pendant le travail.
Quels signes d’alerte surveiller tout au long du calendrier de grossesse ?
Quand consulter en urgence pendant la grossesse ?
Certains symptômes nécessitent une consultation médicale sans délai, quel que soit le stade de la grossesse. Il serait dangereux de les attendre à la prochaine consultation programmée.
Les signaux d’alerte à connaître absolument :
- Saignements vaginaux abondants, quel que soit le terme
- Douleurs abdominales intenses ou persistantes
- Absence de mouvements fœtaux après 28 SA pendant plus de 2 heures
- Fièvre supérieure à 38,5 °C
- Céphalées violentes, troubles visuels ou acouphènes (pouvant évoquer une pré-éclampsie)
- Gonflement soudain des mains, du visage ou des chevilles
- Perte de liquide amniotique avant terme
La pré-éclampsie, caractérisée par une hypertension artérielle supérieure à 140/90 mmHg associée à une protéinurie, concerne environ 2 à 5 % des grossesses et constitue une urgence obstétricale.
Comment distinguer les contractions de Braxton-Hicks des vraies contractions du travail ?
Les contractions de Braxton-Hicks, appelées aussi faux travail, apparaissent souvent à partir de 28-30 SA. Elles sont irrégulières, indolores ou peu douloureuses, et s’espacent avec le repos. Elles ne dilatent pas le col utérin.
Les vraies contractions du travail, en revanche, sont régulières (toutes les 5 minutes environ), de plus en plus rapprochées, de plus en plus intenses, et ne cèdent pas au repos. Elles s’accompagnent souvent d’une perte du bouchon muqueux. Dès lors, il convient de se rendre à la maternité.
La préparation à la naissance : une étape intégrée au calendrier prénatal
Quand et comment débuter les cours de préparation à l’accouchement ?
La préparation à la naissance et à la parentalité (PNP) est recommandée par le Ministère de la Santé dès le début du troisième trimestre, soit autour de 28 SA. Elle comprend au minimum 7 séances remboursées à 100 % par l’Assurance Maladie. Ces séances peuvent être dispensées par une sage-femme, en présentiel ou en téléconsultation.
Plusieurs méthodes existent : préparation classique, sophrologie, yoga prénatal, haptonomie ou piscine prénatale. Chaque approche répond à des attentes différentes. L’essentiel est de choisir une méthode compatible avec son état de santé et validée par un professionnel.
Le projet de naissance : un outil de communication avec l’équipe soignante
Le projet de naissance est un document rédigé par les futurs parents pour exprimer leurs souhaits concernant le déroulement de l’accouchement : position d’accouchement, gestion de la douleur, présence du partenaire, allaitement, gestion du peau-à-peau. Il ne constitue pas un engagement contractuel mais favorise le dialogue avec l’équipe obstétricale.
Il est conseillé de le rédiger avant 36 SA et d’en discuter lors d’une consultation prénatale. La maternité choisie peut également proposer une visite prénatale des locaux, permettant de se familiariser avec l’environnement avant le jour J.
FAQ : calendrier grossesse, vos questions les plus fréquentes
À partir de quelle semaine peut-on considérer qu’une grossesse est hors de danger ?
Le risque de fausse couche spontanée chute drastiquement après 12-14 SA, passant de 15-20 % au premier trimestre à moins de 1 % au deuxième trimestre. Toutefois, une surveillance régulière reste indispensable tout au long des 40 semaines pour dépister d’éventuelles complications comme la pré-éclampsie ou le retard de croissance intra-utérin.
Combien d’échographies sont obligatoires en France ?
Trois échographies sont remboursées et recommandées par la HAS : la première entre 11 SA et 13 SA + 6 jours, la deuxième entre 20 SA et 25 SA, et la troisième entre 30 SA et 35 SA. Des examens supplémentaires peuvent être prescrits en cas de grossesse à risque ou d’anomalie détectée.
Que faire si l’on a oublié de déclarer sa grossesse avant 14 SA ?
La déclaration reste possible après ce délai, mais elle entraîne un retard dans le versement des prestations de la CAF et de la Sécurité Sociale. Il est conseillé de régulariser la situation dès que possible auprès de son médecin ou de sa sage-femme référente, qui transmettront les documents nécessaires.
Le calendrier de grossesse est-il le même pour les grossesses gémellaires ?
Non. Les grossesses multiples font l’objet d’un suivi renforcé avec des consultations et des échographies plus fréquentes, souvent tous les 15 jours à partir du deuxième trimestre. Le terme théorique d’une grossesse gémellaire est fixé à 37 SA pour les jumeaux bichorioniques et à 36 SA pour les monochorioniques.
Peut-on travailler jusqu’au terme de la grossesse ?
En France, le congé maternité prénatal débute obligatoirement 6 semaines avant la date prévue d’accouchement pour un premier ou deuxième enfant, soit vers 35 SA. En cas de grossesse pathologique, un arrêt de travail peut être prescrit bien avant ce délai sur avis médical.
Conclusion : le calendrier grossesse, votre boussole pour neuf mois sereins
Suivre rigoureusement le calendrier de grossesse, c’est offrir au bébé et à la future mère les meilleures conditions de sécurité tout au long des 40 semaines. Les 7 consultations prénatales, les 3 échographies de référence et les bilans biologiques réguliers forment un filet de sécurité médicale éprouvé. Chaque trimestre apporte ses propres enjeux, ses propres examens et ses propres repères. En cas de doute, de symptôme inhabituel ou de question sur le suivi, consulter sans attendre un médecin ou une sage-femme reste toujours la meilleure décision.
Sources
Haute Autorité de Santé. (2016). Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. HAS. https://www.has-sante.fr
Ministère de la Santé et de la Prévention. (2023). La préparation à la naissance et à la parentalité. Gouvernement français. https://www.sante.gouv.fr
Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). (2022). Recommandations pour la pratique clinique : suivi de la grossesse normale. CNGOF. https://www.cngof.fr
Inserm. (2021). Grossesse et accouchement : données épidémiologiques. Institut national de la santé et de la recherche médicale. https://www.inserm.fr
Organisation mondiale de la Santé. (2016). Recommandations de l’OMS concernant les soins prénatals pour que la grossesse soit une expérience positive. OMS. https://www.who.int/fr
Caisse Nationale d’Assurance Maladie (Ameli). (2023). Le suivi médical de la grossesse. Assurance Maladie. https://www.ameli.fr

