La cotation est le seul geste que vous répétez à chaque patient et que personne ne vous a vraiment enseigné. Résultat : une part des médecins sous-cotent par prudence, une autre applique des habitudes prises il y a dix ans, et les deux y perdent.

Cet article n’est pas un tableau tarifaire — celui d’ameli.fr est la seule référence opposable et il change plusieurs fois par an. C’est la logique du système, plus les évolutions récentes qu’il faut connaître.

Les deux nomenclatures

Un point de départ souvent flou : vous travaillez avec deux référentiels distincts.

La NGAP couvre les consultations, les visites, les majorations et un ensemble d’actes cliniques. C’est votre quotidien de généraliste.

La CCAM couvre les actes techniques : gestes, explorations, petite chirurgie, électrocardiogramme.

La question de leur cumul est celle qui génère le plus d’erreurs, et elle vient précisément d’évoluer.

La consultation de référence

Depuis fin 2024, la consultation de base du médecin généraliste est cotée G, à 30 € en métropole — 36 € dans les DROM.

Pour les enfants jusqu’à 6 ans, hors examens obligatoires et dépistages, elle est majorée de 5 € via la MEG, soit 35 € en métropole.

C’est la brique sur laquelle tout se construit. L’essentiel de la cotation consiste ensuite à identifier les majorations applicables à votre situation.

Les familles de majorations

Plutôt que de les mémoriser une par une, retenez leurs logiques.

Le rôle de médecin traitant. Plusieurs majorations valorisent le suivi coordonné et la fonction de médecin traitant. Elles sont généralement réservées aux médecins à tarif opposable ou ayant adhéré à un dispositif de pratique tarifaire maîtrisée.

L’horaire et le jour. Nuit, dimanche, jours fériés, permanence des soins ambulatoire : chaque créneau a sa majoration, avec des bornes horaires précises. La majoration du samedi s’applique à partir du samedi midi dans plusieurs situations.

L’âge et la vulnérabilité. Enfants, patients âgés, situations de handicap : plusieurs dispositifs valorisent le temps supplémentaire mobilisé.

L’urgence et l’adressage. Des majorations existent pour la prise en charge rapide d’un patient adressé par un confrère ou par la régulation.

Les consultations complexes et très complexes. Elles couvrent des situations cliniques listées limitativement — sortie d’hospitalisation à forte comorbidité, primo-prescriptions particulières, suivis spécifiques comme l’obésité de l’enfant ou l’accompagnement d’un enfant autiste. Ce sont des listes fermées : un acte n’est pas « complexe » parce qu’il vous a pris du temps, il l’est parce qu’il figure dans la liste.

Les nouveautés du 1er janvier 2026

Plusieurs évolutions issues de la convention médicale sont entrées en vigueur, et elles répondent à des demandes anciennes.

Les consultations longues pour les généralistes

Enfin créées. Elles sont réservées au médecin traitant, pour tous les patients de plus de 80 ans, à raison d’une fois par année civile et par patient.

C’est une avancée réelle sur la valorisation du temps clinique gériatrique — mais notez la double restriction : médecin traitant, et une fois l’an.

Le cumul consultation + acte CCAM

C’est probablement la nouveauté la plus structurante au quotidien. De nouvelles dérogations autorisent le cumul à 100 % des honoraires d’une consultation et de certains actes CCAM réalisés dans le même temps.

L’objectif affiché est de valoriser le temps clinique et diagnostique mobilisé dans le prolongement d’un acte technique. Deux conditions :

  • l’acte doit figurer sur la liste limitative publiée par l’Assurance Maladie ;
  • la consultation doit être une consultation de référence ou coordonnée, facturée à tarif opposable.

C’est un début, volontairement restreint. Consultez la liste : si vous réalisez régulièrement un des actes concernés, l’effet sur vos honoraires est immédiat.

Les visites à domicile

Plusieurs corrections, là encore attendues :

  • création de la majoration déplacement montagne (MDM) à 15 €, qui remplace la MD dans les zones classées montagne ;
  • indemnité kilométrique montagne portée à 1 € , tandis que l’IK en plaine reste à son niveau historique ;
  • création de la majoration visite rapide (MVR) à 10 €, pour une visite au domicile demandée par le service d’accès aux soins et réalisée dans les 24 heures ;
  • correction de l’écart entre visites et consultations en permanence des soins ambulatoire.

Autres ajustements

La majoration psychiatrique pour les patients de moins de 25 ans est portée à 18 €. Et le délai d’application des majorations d’adressage d’urgence passe de 2 à 4 jours, ce qui en élargit sensiblement l’usage pratique.

Les situations qui posent question

La visite longue. Elle répond à des critères précis et à une périodicité définie. Vérifiez les conditions applicables plutôt que de la coter par analogie avec une visite qui a duré longtemps.

L’électrocardiogramme. C’est un acte CCAM, avec son propre code, et sa cotation obéit aux règles d’association de la CCAM — désormais assouplies pour certains actes depuis janvier 2026.

Le dossier MDPH. L’établissement d’un certificat pour une demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées mobilise un temps significatif. Vérifiez sur ameli.fr le dispositif de valorisation applicable : c’est un point régulièrement mis à jour.

Les consultations de l’enfant. Examens obligatoires, dépistages et consultations de suivi ont des cotations propres, distinctes de la consultation de base majorée.

Le réflexe qui rapporte le plus

Un principe simple : la sous-cotation est silencieuse. Un rejet vous alerte ; une cotation trop basse ne vous alerte jamais. Elle se répète des milliers de fois par an.

Deux gestes concrets :

Relisez la liste des majorations une fois par an, à la lumière de votre pratique réelle. La plupart des médecins découvrent au moins une majoration qu’ils auraient pu coter des centaines de fois.

Vérifiez que votre logiciel est à jour à chaque échéance conventionnelle. Un tarif ou une règle d’association obsolète, et vous facturez à l’ancien barème sans le voir.

Questions fréquentes

Combien vaut une consultation de généraliste en 2026 ? La consultation de référence G est à 30 € en métropole, 36 € dans les DROM, depuis décembre 2024.

Peut-on cumuler une consultation et un acte technique ? Depuis le 1er janvier 2026, de nouvelles dérogations autorisent le cumul à 100 % pour certains actes CCAM figurant sur une liste limitative, à condition que la consultation soit de référence ou coordonnée et facturée à tarif opposable.

Qu’est-ce qu’une consultation complexe ? Une consultation figurant sur une liste limitative de situations cliniques définies par la nomenclature — pas une consultation qui a simplement duré plus longtemps.

Qui peut coter les consultations longues créées en 2026 ? Le médecin traitant, pour ses patients de plus de 80 ans, une fois par année civile et par patient.

Où trouver le tableau officiel des tarifs ? Sur ameli.fr, rubrique « Tarifs conventionnels des médecins généralistes et spécialistes ». C’est la seule référence opposable, et elle prime sur tout article, y compris celui-ci.

Pour aller plus loin

Sources

Article mis à jour en août 2026. Les tarifs et règles d’association évoluent plusieurs fois par an : la version opposable est celle publiée sur ameli.fr.

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