Ces deux obligations ont un point commun : elles arrivent rarement, elles engagent lourdement, et personne ne les révise. Résultat, elles se traitent dans l’urgence, souvent de mémoire.

Voici les repères, sans prétendre remplacer les référentiels officiels — qui sont, dans ces matières, la seule référence qui compte.

Le certificat de décès

Ce qu’il est

Le certificat de décès est un acte médical qui atteste du décès, en précise les circonstances et permet les opérations funéraires. Il comporte deux parties :

  • une partie administrative nominative, destinée à la mairie, qui permet l’établissement de l’acte de décès et l’autorisation des opérations funéraires ;
  • une partie médicale anonyme, sous pli confidentiel, destinée à la surveillance épidémiologique et aux statistiques nationales de mortalité.

La séparation des deux est le principe fondateur : le secret médical n’a pas à circuler avec l’état civil.

Qui peut l’établir

Le certificat est établi par un médecin. Des évolutions récentes ont ouvert cette possibilité à d’autres professionnels dans des conditions strictement encadrées, notamment pour améliorer la disponibilité de la certification en dehors des heures ouvrées. Le cadre exact évolue : vérifiez les dispositions en vigueur plutôt que de vous fier à ce que vous en saviez il y a deux ans.

La certification électronique

Le dispositif de certification électronique des décès permet d’établir le certificat en ligne, avec transmission automatique de la partie administrative à la mairie et de la partie médicale aux autorités sanitaires.

Ses avantages sont concrets : transmission immédiate, pas de pli papier à acheminer, données de surveillance disponibles en temps réel. C’est notamment ce qui a permis un suivi rapproché de la mortalité lors des épisodes de forte chaleur.

Vérifiez que votre logiciel métier ou votre accès dédié est opérationnel avant d’en avoir besoin. Un certificat se remplit au domicile du défunt, souvent en soirée, rarement dans de bonnes conditions.

L’obstacle médico-légal

C’est la case dont les conséquences sont les plus lourdes, et celle sur laquelle l’hésitation est légitime.

Cocher l’obstacle médico-légal suspend les opérations funéraires et déclenche l’intervention de l’autorité judiciaire. Vous le cochez lorsque les circonstances du décès sont suspectes, violentes, ou simplement inexpliquées.

Le principe de conduite est simple : dans le doute, on coche. Un obstacle posé à tort génère une enquête ; un obstacle omis à tort empêche définitivement d’établir la vérité. L’asymétrie des conséquences est totale.

Les autres mentions — mise en bière immédiate, obstacle au don du corps, présence d’une prothèse fonctionnant à pile — obéissent chacune à des critères précis. Elles se vérifient plutôt qu’elles ne s’improvisent.

La rémunération

Une rémunération forfaitaire spécifique existe pour l’établissement des certificats de décès réalisés en dehors des horaires ouvrés — nuit, week-end, jours fériés — afin d’améliorer la disponibilité de la certification sur ces créneaux. Son montant et son périmètre sont fixés par voie réglementaire et ont évolué récemment : vérifiez les conditions en vigueur sur ameli.fr.

Les maladies à déclaration obligatoire

Le principe

Certaines maladies font l’objet d’une déclaration obligatoire auprès des autorités sanitaires. L’objectif est double, et il correspond à deux régimes distincts :

Le signalement vise l’action immédiate : alerter sans délai l’agence régionale de santé pour permettre une intervention — investigation, mesures de prévention, prophylaxie de l’entourage. Il concerne les maladies nécessitant une réaction urgente et se fait par tout moyen approprié, y compris téléphone.

La notification vise la surveillance épidémiologique : transmettre les données, sur un formulaire dédié, à des fins de suivi statistique. Elle intervient après le signalement, ou seule pour les maladies qui ne relèvent pas de l’urgence.

Toutes les maladies de la liste ne relèvent pas des deux régimes. C’est la première chose à vérifier.

La liste

Elle est fixée réglementairement et couvre des pathologies infectieuses — dont plusieurs maladies à potentiel épidémique, des maladies à prévention vaccinale, des zoonoses — ainsi que certaines pathologies non infectieuses.

Elle évolue. Des maladies y sont ajoutées, notamment en réponse à des situations émergentes. Consulter la liste en vigueur sur le site de Santé publique France est le seul réflexe fiable : citer une liste dans un article la périme au premier arrêté.

Ce qui est protégé

Les données de notification sont transmises dans des conditions garantissant la confidentialité. Le dispositif prévoit un anonymat renforcé pour certaines pathologies, notamment celles pour lesquelles le risque de stigmatisation est élevé.

En pratique

Le signalement se fait auprès de l’ARS de votre région. Les formulaires de notification sont disponibles sur le site de Santé publique France.

Le réflexe utile : avoir le numéro de la plateforme de veille sanitaire de votre ARS accessible, pas à chercher. Un signalement se fait dans l’heure, pas dans la semaine.

Le point commun : la traçabilité

Ces deux obligations partagent une exigence : garder trace de ce que vous avez fait.

Pour le certificat de décès : ce que vous avez constaté, les circonstances, ce qui a motivé vos cases.

Pour une déclaration : la date, le destinataire, le contenu transmis.

C’est ce qui vous protège si la situation est réexaminée plus tard — et dans ces matières, elle peut l’être des années après.

Questions fréquentes

Qui peut établir un certificat de décès ? Le médecin. Des dispositions récentes ont ouvert cette possibilité à d’autres professionnels dans un cadre strictement encadré, notamment pour la disponibilité hors heures ouvrées. Vérifiez le cadre en vigueur.

Quand faut-il cocher l’obstacle médico-légal ? En cas de circonstances suspectes, violentes ou inexpliquées. Dans le doute, cochez : les conséquences d’une omission sont irréversibles, celles d’une déclaration excessive ne le sont pas.

Le certificat de décès est-il rémunéré ? Une rémunération forfaitaire spécifique existe pour les certificats établis en dehors des horaires ouvrés. Le montant et le périmètre se vérifient sur ameli.fr.

Quelle différence entre signalement et notification ? Le signalement vise l’action urgente auprès de l’ARS. La notification vise la surveillance épidémiologique, sur formulaire dédié.

Où trouver la liste des maladies à déclaration obligatoire ? Sur le site de Santé publique France. Elle est modifiée par voie réglementaire et évolue.

La déclaration rompt-elle le secret médical ? Elle constitue une dérogation légale au secret, encadrée, avec des garanties de confidentialité renforcées pour certaines pathologies.

Pour aller plus loin

Sources

  • Code de la santé publique — certification des décès ; maladies à déclaration obligatoire
  • Santé publique France — liste des maladies à déclaration obligatoire et formulaires de notification
  • Assurance Maladie — Facturation et rémunération, médecin
  • Dispositif de certification électronique des décès

Article mis à jour en août 2026. Ces matières évoluent par voie réglementaire : les référentiels officiels priment sur cet article. En cas de doute sur un cas précis, sollicitez votre Conseil de l’Ordre ou l’ARS.

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