Deux sujets qu’on traite séparément et qui répondent en réalité à la même question : comment un patient accède à un médecin quand il en a besoin ?

Le premier relève du suivi au long cours — la fonction de médecin traitant. Le second relève de la réponse au besoin non programmé — le service d’accès aux soins. Ensemble, ils structurent une bonne part de votre organisation et de votre rémunération forfaitaire.

Le médecin traitant : ce que la déclaration emporte

Le principe

Le patient déclare un médecin traitant auprès de l’Assurance Maladie. Cette déclaration est le pivot du parcours de soins coordonné : elle conditionne le niveau de remboursement du patient et l’accès à certains spécialistes sans majoration.

Elle n’est pas une obligation légale pour le patient, mais l’absence de déclaration a des conséquences financières pour lui — un remboursement minoré hors parcours.

Ce que cela vous engage

Devenir médecin traitant, c’est accepter une fonction, pas seulement enregistrer une case :

  • assurer le suivi et la coordination du parcours de soins ;
  • orienter vers les correspondants et gérer l’adressage ;
  • tenir le dossier médical de synthèse ;
  • assurer la prévention et le dépistage ;
  • rédiger le protocole de soins en cas d’affection de longue durée.

Cette fonction ouvre droit à des majorations spécifiques et à un forfait dédié.

Le forfait médecin traitant

Il rémunère forfaitairement la fonction, indépendamment des actes. Son montant dépend de la composition de votre patientèle — âge, situations de vulnérabilité, affections de longue durée.

Une nouveauté à connaître : depuis 2026, une majoration ZIP du forfait médecin traitant s’applique aux médecins installés en zone d’intervention prioritaire. C’est la composante récurrente du nouveau dispositif d’aide à l’exercice en zone sous-dense, qui a remplacé les contrats démographiques. Les médecins installés en zone d’action complémentaire n’en bénéficient pas.

Les patients sans médecin traitant

C’est le problème central de l’accès aux soins, et il vous concerne à deux titres.

Comme praticien sollicité. Des majorations spécifiques existent pour la prise en charge de patients qui n’ont pas de médecin traitant, notamment pour les patients âgés, et pour la consultation d’inscription d’un patient en tant que nouveau médecin traitant. Elles sont généralement réservées aux médecins à tarif opposable ou adhérents à un dispositif de pratique tarifaire maîtrisée.

Comme organisateur de votre agenda. La question pratique est de savoir si, et à quel rythme, vous prenez de nouveaux patients en tant que médecin traitant. Beaucoup de cabinets saturés ferment cette porte, ce qui est compréhensible mais reporte le problème.

Une approche intermédiaire consiste à ouvrir un contingent régulier et limité — quelques nouveaux patients par semaine — plutôt qu’un refus global. Cela se paramètre dans l’agenda.

Le service d’accès aux soins

Ce que c’est

Le SAS organise la réponse aux demandes de soins non programmés aux heures de la journée où la médecine de ville est ouverte. Son objectif : éviter que des patients se présentent aux urgences faute d’alternative, et éviter que d’autres renoncent aux soins.

Son fonctionnement repose sur deux fonctions distinctes :

La régulation. Un patient appelle. Un opérateur puis, si nécessaire, un médecin régulateur évaluent la demande et l’orientent : conseil, consultation en ville dans un délai adapté, orientation vers les urgences, ou déclenchement de l’aide médicale urgente.

L’effection. Des médecins de ville acceptent de recevoir, dans des créneaux dédiés, des patients adressés par la régulation.

Ce que cela implique pour vous

Deux formes de participation, indépendantes l’une de l’autre.

Participer à la régulation : des vacations de régulation médicale, rémunérées, exercées depuis un centre ou à distance.

Participer à l’effection : réserver des créneaux dans votre agenda pour des patients adressés par le SAS. C’est la forme la plus répandue.

Le dispositif prévoit des valorisations spécifiques. Parmi les nouveautés du 1ᵉʳ janvier 2026, la création d’une majoration visite rapide (MVR) à 10 € pour une visite au domicile demandée par le SAS et réalisée dans les 24 heures.

La question pratique : les créneaux

C’est là que le dispositif bute, et la difficulté est réelle : réserver des créneaux pour des patients qu’on ne connaît pas, dans un agenda déjà plein, est un arbitrage coûteux.

Ce qui fonctionne chez ceux qui participent :

  • Des créneaux courts et identifiés, plutôt que des consultations ouvertes. Une demande non programmée relève rarement d’une consultation complexe.
  • Un horaire fixe, en fin de matinée ou de journée, plutôt que des trous dispersés.
  • Une libération automatique. Si le créneau n’est pas utilisé par le SAS à une heure donnée, il redevient disponible pour votre patientèle. C’est la condition qui rend le dispositif supportable, et elle se paramètre dans l’agenda.

L’articulation entre les deux

Le lien est direct : plus les patients ont un médecin traitant accessible, moins le service d’accès aux soins est sollicité.

À l’inverse, un cabinet qui refuse toute nouvelle patientèle sans participer à l’effection reporte intégralement la charge sur les autres et sur les urgences.

Ce n’est pas un jugement — un cabinet saturé est saturé. Mais c’est un arbitrage qui mérite d’être posé consciemment plutôt que subi, et il existe des positions intermédiaires : un contingent limité de nouveaux patients, quelques créneaux SAS par semaine, ou une participation à la régulation qui ne mobilise pas votre cabinet.

Questions fréquentes

La déclaration de médecin traitant est-elle obligatoire pour le patient ? Non, mais son absence entraîne une minoration du remboursement hors parcours de soins coordonné.

Que rapporte la fonction de médecin traitant ? Un forfait dédié dont le montant dépend de la composition de votre patientèle, ainsi que des majorations spécifiques. Depuis 2026, une majoration s’applique en zone d’intervention prioritaire.

Puis-je refuser d’être médecin traitant d’un patient ? La déclaration suppose votre accord. Le refus doit toutefois respecter vos obligations déontologiques, notamment le principe de non-discrimination. En cas de doute sur une situation précise, interrogez votre Conseil de l’Ordre.

Qu’est-ce que le service d’accès aux soins ? Un dispositif de régulation et d’orientation des demandes de soins non programmés aux heures d’ouverture de la médecine de ville, reposant sur une régulation médicale et sur des médecins effecteurs.

Faut-il participer au SAS ? La participation repose sur le volontariat. Elle peut porter sur la régulation, sur l’effection, ou sur les deux.

Comment réserver des créneaux SAS sans désorganiser son agenda ? En prévoyant des créneaux courts, à horaire fixe, avec libération automatique s’ils ne sont pas utilisés.

Pour aller plus loin

Sources

Article mis à jour en août 2026. Les montants forfaitaires et les modalités du SAS évoluent : vérifiez les conditions applicables auprès de votre CPAM et de votre ARS.

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