En juin 2025, des recommandations publiées par la Haute Autorité de Santé (HAS) proposait de rendre systématique le dépistage du cytomégalovirus (CMV) chez la femme enceinte. Depuis, d’autres recommandations ont été publiées notamment par le CNGOF concernant le suivi de la grossesse.  

Quelles sont les recommandations pour le dépistage du CMV lors de la grossesse ?1-3  

L’infection par le cytomégalovirus (CMV) est bénigne dans la majorité des cas. En revanche, si elle est développée pendant la grosesse, elle peut entrainer des séquelles lourdes chez le fœtus, incluant des troubles auditifs et neurologiques.  

En juin 2025, la HAS a publié un communiqué dans lequel elle recommande la mise en place d’un dépistage systématique de l’infection à CMV, chez les femmes enceintes dont le statut sérologique est inconnu ou négatif, sous réserve qu’un suivi et qu’une collecte de nouvelle données soit mise en place. Une réévaluation de cette recommandation sera effectuée au bout de trois ans, sur la base de données récoltées d’ici là, afin de décider de sa poursuite ou non. Un comité de pilotage a été mis en place par le CNGOF afin de proposer un cadre général pour mettre en place le dépistage et structurer la prise en charge. 

Quelles sont les nouvelles recommandations publiées en 2026 ?4-6 

Diabète antérieur à la grossesse 

En 2026, le CNGOF et la SFD publient un consensus sur la prise en charge du diabète de type 1 et 2, avant et après la grossesse, ainsi que pour le nouveau-né :  

  • Prise en charge pré-conceptionnelle  
  • Objectif glycémique : HbA1c < 6,5 % avant la conception, et pour les femmes utilisant la mesure du glucose en continue (MGC) au moins 70 % du temps dans la plage cible (0,70 – 1,80 g/L) 
  • Bilan pré-conceptionnel avec dosage de l’HbA1c, bilan microangiopathique (fond d’œil, créatinine, microalbuminurie), recherche de facteurs de risque cardiovasculaire (dyslipidémie, HTA, tabagisme), dosage de la TSH (DT1) et dépistage du syndrome d’apnée du sommeil (DT2, et DT1 en cas d’obésité).  
  • Traitements : mise en place d’un système de MGC, discussion sur la délivrance automatisée d’insuline (DAI) (DT1), metformine et/ou insulinothérapie si besoin, arrêt des autres antidiabétiques (DT2), arrêt des statines et antihypertenseurs tératogènes, remplacement par des traitements compatibles, arrêt du tabac conseillé avec accompagnement, supplémentation en acide folique (0,4 mg/j) 
  • Education et mode de vie : importance de la programmation de la grossesse, prise en charge diététique, perte de poids si besoin, activité physique encouragée 
  • Prise en charge pendant la grossesse  
  • Objectifs métaboliques : glycémie à jeun > 0,95 g/L (< 5,3 mmol/L), glycémie postprandiale à 2h < 1,20 g/L (< 6,7 mmol/L), temps dans la cible (> 70 % DT1, > 90 % DT2), HbA1c < 6 % (limiter les hypoglycémies)  
  • Surveillance glycémique : MGC recommandée pour DT1, optionnelle ou autosurveillance pour DT2 
  • Traitements : DAI recommandée (DT1), insulinothérapie et/ou metformine à discuter au cas par cas (DT2) 
  • Suivi médical : suivi régulier par diabétologue et mensuel par gynécologue-obstétricien, échographie de croissance entre 36 et 37 semaines d’aménorrhées (SA) 
  • Complications : surveillance accrue pour hypoglycémies, acidocétose, rétinopathie (suivi ophtalmologique trimestriel), néphropathie (suivi mensuel si diagnostic), objectif tensionnel < 140/90 mmHg 
  • Traitements associés : corticothérapie anténatale selon indications habituelles, surveillance glycémique renforcée, pas de recommandations systématiques pour l’aspirine  
  • Gestion de la naissance  
  • Césarienne : recommandée si suspicion de poids fœtal > 4500 g 
  • Age gestationnel : naissance à envisager entre 37 et 38 + 6 SA selon contexte 
  • Equipe présente : gynécologue-obstétricien, anesthésiste, pédiatre 
  • Objectifs glycémiques pendant le travail : 0,8-1,4 g/L (4,4-7,8 mmol/L), surveillance par MGC ou glycémies capillaires, insuline rapide privilégiée  
  • Post-partum  
  • Diminution des doses d’insulines immédiatement après l’accouchement (DT1), reprise des antidiabétiques oraux/injectables ; si allaitement, seule la metformine est autorisée (DT2) 
  • Allaitement : encouragé, bénéfique pour la mère et l’enfant, soutien actif recommandé 
  • Contraception : privilégier contraception de longue durée réversible ou pilule microprogestative  
  • Suivi : consultation diabétologique dans les 6 mois après la naissance 
  • Prise en charge du nouveau-né  
  • Prévention de l’hypoglycémie : thermoregulation (peau à peau, séchage rapide, bonnet), alimentation dans la première heure de vie, favoriser l’allaitement maternel 
  • Surveillance glycémique : débuter avant la 2e alimentation et avant 4h de vie, puis avant chaque alimentation toutes les 3h pendant au moins 24, protocole de prévention, surveillance et traitement de l’hypoglycémie à destination de chaque équipe  
  • Carnet de santé : mentionner le contexte de diabète maternel et le type de diabète 

Pour plus d’informations, se référer à la publication scientifique.  

Grossesses gémellaires 

Le nombre de grossesses gémellaires a augmenté en France depuis les années 70, et représentait 1,6% des accouchements en 2021.  

En 2009, le CNGOF, avec la participation de la Fédération Jumeaux et Plus, publiait des recommandations cliniques sur la prise en charge des grossesses gémellaires. Une mise à jour a été publiée en 2026, portant sur deux sujets principaux : l’âge gestationnel d’accouchement selon la chorionicité, et la voie d’accouchement :  

  • Age gestationnel recommandé pour l’accouchement  
  • Grossesse bichoriale biamnotique (deux placentas, deux poches) : programmer la naissance entre 37+0 SA et 38+6 SA 
  • Grossesse monochoriale biamnotique (un placenta, deux poches) : programmer la naissance entre 36+0 SA et 37+6 SA 
  • Grossesse monochoriale monoamniotique (un placenta, une poche) : programmer la naissance entre 33+0 SA et 34+6 SA 
  • Voie d’accouchement recommandée  
  • Si le premier jumeau est en présentation céphalique et âge gestationnel ≥ 32 SA : privilégier ne tentative d’accouchement par voie basse 
  • Si le premier jumeau est en siège et âge gestationnel ≥ 32 SA : proposer soit une tentative de voie basse, soit une césarienne programmée, privilégier la voie basse si les conditions sont réunies (expérience de l’équipe, critères d’éligibilité) 
  • Grossesse monoamniotique : pas de recommandation sur la voie d’accouchement  
  • En cas de travail spontané < 32 SA avec premier jumeau céphalique : proposer une tentative de voie basse plutôt qu’une césarienne systématique 
  • Discordance de croissance entre les jumeaux : ne pas en tenir compte pour le choix de la voie d’accouchement 
  • Pelvimétrie systématique (mesure du bassin) : pas de recommandation 
  • Modalités spécifiques pour le second jumeau  
  • Si le deuxième jumeau est en céphalique après 32 SA : version par manœuvre interne ou reprise des efforts expulsifs, rupture artificielle des membranes ± ocytocine, indifféremment 
  • Si le deuxième jumeau est en siège après 32 SA : privilégier la grande extraction du siège plutôt que la reprise des efforts expulsifs 
  • Déclenchement du travail vs césarienne programmée 
  • En cas d’indication de naissance ≥ 32 SA et premier jumeau céphalique : privilégier le déclenchement du travail plutôt qu’une césarienne programmée. 

Pour obtenir les niveaux de recommandations, se référer à la publication scientifique. 

Hémorragie fœto-maternelle 

L’hémorragie fœto-maternelle (HFM) est définie par un passage de sang fœtal dans la circulation maternelle par effraction de la barrière fœto-placentaire, au cours de la grossesse ou de l’accouchement. En 2026, le CNGOF publie un consensus visant à déterminer les circonstances dans lesquelles une HFM doit être recherchée, de préciser comment évaluer son volume, son caractère aigu ou chronique et sa potentielle sévérité de manière à proposer une prise en charge adaptée.  

  • Diagnostic  
  • Réaliser en première intention, un test de Kleihauer (TK) dont le seul de positivité est de 5 hématies fœtales / 10 000 hématies adultes 
  • En complément, une cytométrie en flux peut être réalisée en cas de difficulté d’interprétation du TK 
  • Dépistage d’anémie fœtale dans un contexte de HFM (la normalité des résultats n’exclue pas la présence d’une anémie fœtale) 
  • Réaliser une échographie avec mesure du pic systolique de vélocité dans l’artère cérébrale moyenne  
  • Réaliser selon l’âge gestationnel, un enregistrement du rythme cardiaque fœtal  
  • Réaliser un TK en cas de diminution des mouvements actifs fœtaux avec évaluation initiale anormale, de signes échographiques d’anémie fœtale, de rythme cardiaque fœtal sinusoïdal, ou en cas de mort fœtale ou en cas d’anémie néonatale, dans le but de rechercher une HFM.  
  • Ne pas réaliser de façon systématique un TK en cas de prélèvement ovulaire, de version par manœuvres externes ou de métrorragies en cours de grossesse.  
  • Réaliser un TK en cas de douleurs abdominales, en fonction des caractéristiques du choc (forte intensité, traumatisme abdominal direct)  
  • En cas d’HFM, évaluer la gravité en fonction de l’estimation du volume transfusé, de la présence ou non de signes échographiques d’anémie fœtale, et de la présence ou non d’anomalies du rythme cardiaque fœtal (RCF). Pour estimer le volume d’HFM, utiliser le TK dont le résultat sera rapporté à l’estimation échographique du poids fœtal.  

Pour obtenir plus d’informations, se référer à la publication scientifique. 

Quel impact sur le suivi normal de la grossesse ?7,8 

En amont des recommandations pour le suivi normal publiées par la HAS en 2016, le dépistage du CMV concerne désormais toutes les femmes enceintes, y compris celles dont la grossesse est classée à bas risque.  

Le suivi et l’orientation des femmes enceintes dépend de l’identification des situations à risques de complications maternelles. La HAS recommande de rechercher :  

  • Des facteurs de risques généraux (facteurs individuels et sociaux, risque professionnel, antécédents familiaux) 
  • Des antécédents personnels préexistants gynécologiques ou non (antécédents chirurgicaux, pathologies utéro-vaginales)  
  • Des antécédents personnels liés à une grossesse précédente (antécédents obstétricaux ou liés à l’enfant à la naissance)  
  • Une exposition à des toxiques (alcool, tabac, drogues, médicaments potentiellement tératogènes) 
  • Des facteurs de risques médicaux (diabète gestationnel, hypertension artérielle gravidique, troubles de la coagulation) 
  • Des maladies infectieuses (toxoplasmose, rubéole, herpès génital, syphilis) 
  • Des facteurs de risques gynécologiques et obstétricaux (cancer du sein, hématome rétroplacentaire, incompatibilité fœto-maternelle) 

Points-clés  

  • En juin 2025, la HAS propose de rendre systématique le dépistage de l’infection par le CMV chez la femme enceinte, quelque soit le niveau de risque de grossesse.  
  • En 2026, le CNGOF publie des recommandations et consensus concernant entre autres la prise en charge de la grossesse lors de situations particulières, ou à risque, incluant un diabète antérieur, une grossesse gemellaire ou des hémorragies foeto-maternelles.  
  • Les recommandations publiées par la HAS en 2016 permettent d’évaluer les situations à risque pendant la grossesse.  

Références 

  1. HAS – Dépistage systématique du cytomégalovirus (CMV) au premier trimestre de grossesse : prise en charge et suivi. 
  1. HAS Communiqué – Cytomégalovirus (CMV) chez la femme enceinte : la HAS recommande un dépistage systématique pour toutes à réévaluer après 3 ans de mise en œuvre. 
  1. CNGOF – Dépistage systématique du cytomégalovirus (CMV) : en pratique.  
  1. Garabedian et al. Diabète antérieur à la grossesse : consensus formalisé d’experts du collège national des gynécologues et obstétriciens français et de la société française de diabétologie. 
  1. Sibiude et al. Accouchement des grossesses gémellaires : recommandations pour la pratique clinique du Collège national des gynécologues et obstétriciens français. 
  1. Sananès et al. Hémorragie fœto-maternelle : consensus formalisé d’experts du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.  
  1. HAS – Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. 
  1. HAS – Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées – fiche de synthèse. 

Articles connexes

  • 9 mois de grossesse : tout ce que vous devez savoir
    Hellocare
    Hellocare

    10 août 2026

  • 27 semaine de grossesse : tout ce que vous devez savoir
    Hellocare
    Hellocare

    10 août 2026

  • 19 semaine de grossesse : tout ce que vous devez savoir
    Hellocare
    Hellocare

    10 août 2026

  • Dattes grossesse : tout ce que vous devez savoir
    Hellocare
    Hellocare

    10 août 2026

  • Fromage grossesse : tout ce que vous devez savoir
    Hellocare
    Hellocare

    10 août 2026

  • 21 semaine de grossesse : tout ce que vous devez savoir
    Hellocare
    Hellocare

    10 août 2026

Grossesse : Synthèse des dernières recommandations HAS et CNGOF