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En résumé (encadré)

  • La téléconsultation du médecin généraliste est cotée TCG à 25 €, tarif maintenu pour toute la durée de la convention 2024-2029, contre 30 € pour la consultation présentielle.
  • Les spécialistes cotent TC (30 €) ou TCS (30 €), les pédiatres disposent de codes par âge (TCH 38,50 €, TCK 33,50 €, TCS 30 €), et les majorations habituelles restent cumulables.
  • Le remboursement suppose une vidéotransmission, le respect du parcours de soins coordonné, du principe de territorialité et d’une alternance avec le présentiel.
  • L’activité à distance est plafonnée à 20 % de l’activité globale annuelle ; la feuille de route 2026-2028 issue des Assises de la télémédecine a annoncé des dérogations ciblées.
  • La loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes a durci le cadre des arrêts de travail prescrits en téléconsultation, limités à 3 jours hors médecin traitant.

La téléconsultation en 2026 : une pratique installée, un cadre renforcé

Après le pic de la crise sanitaire (17 millions d’actes en 2020), la téléconsultation s’est stabilisée puis a retrouvé une dynamique : 13,9 millions de téléconsultations en 2024, soit près de 20 % de hausse sur un an, et environ 14 millions en 2025 selon les données présentées lors de la restitution des Assises de la télémédecine le 26 janvier 2026. Chaque mois, plus de 17 000 médecins généralistes y ont recours, soit un généraliste sur trois, même si la téléconsultation ne représente encore que 2,3 % de leur activité clinique.

Cette normalisation s’accompagne d’un cadre réglementaire et conventionnel qui s’est densifié : conditions de remboursement fixées par la convention médicale, plafond d’activité, agrément des sociétés de téléconsultation, encadrement des prescriptions d’arrêt de travail, feuille de route gouvernementale 2026-2028. Pour le praticien, maîtriser la cotation de la téléconsultation revient donc à maîtriser à la fois des lettres-clés et un ensemble de conditions dont dépend le paiement de l’acte.

Le cadre juridique de la téléconsultation

La téléconsultation est l’un des cinq actes de télémédecine définis par l’article L. 6316-1 du Code de la santé publique et le décret n° 2010-1229 du 19 octobre 2010, aux côtés de la téléexpertise, de la télésurveillance, de la téléassistance et de la régulation médicale. Elle consiste en une consultation à distance d’un patient par un médecin, le patient pouvant être assisté d’un autre professionnel de santé.

Son remboursement de droit commun date de l’avenant 6 à la convention médicale de 2016, entré en vigueur le 15 septembre 2018. L’avenant 9 (2021) a assoupli certaines conditions, et la convention médicale 2024-2029 a stabilisé les tarifs et confirmé les règles d’encadrement. Trois textes complètent ce socle en 2026 :

  • la LFSS 2023 et son décret d’application de 2024, qui ont créé l’agrément des sociétés de téléconsultation ;
  • la loi du 27 février 2024, puis la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, sur les arrêts de travail prescrits à distance ;
  • la feuille de route 2026-2028 présentée par la ministre de la Santé à l’issue des Assises de la télémédecine, dont la déclinaison opérationnelle est en cours.

Les cotations de téléconsultation par spécialité

Médecin généraliste : TCG à 25 €

La téléconsultation du médecin généraliste est cotée TCG, valorisée 25 € en métropole comme dans les DROM. Elle correspond au G/GS de la consultation présentielle, mais la convention 2024-2029 a fait le choix de ne pas aligner la TCG sur le G à 30 € : le tarif reste fixé à 25 € pour la durée de la convention, afin de préserver l’attractivité du présentiel.

La TCG s’applique au généraliste de secteur 1, au généraliste de secteur 2 adhérent à l’OPTAM et au généraliste de secteur 2 facturant à tarif opposable. Le généraliste de secteur 2 appliquant un dépassement cote TC.

Médecins spécialistes : TC et TCS

  • TC : équivalent du C, 25 € (spécialistes de secteur 2 avec dépassement, généralistes de secteur 2 avec dépassement).
  • TCS : équivalent du CS, 30 € (spécialistes de secteur 1 et OPTAM).
  • Les spécialités disposant de consultations à valeur spécifique appliquent leur équivalent à distance : par exemple TCP pour la consultation du psychiatre (alignée sur la CNP, portée à 52 € au 1er janvier 2026).

Pédiatres : TCH, TCK, TCS

La pédiatrie bénéficie de codes de téléconsultation par tranche d’âge, alignés sur les consultations présentielles CEH/CEK/CEG :

CodeTranche d’âgeMétropoleDROM hors MayotteMayotte
TCH0 à 2 ans38,50 €46,20 €48,20 €
TCK2 à 6 ans33,50 €40,20 €42,20 €
TCSPlus de 6 ans30 €36 €

Les majorations cumulables avec la téléconsultation

Les majorations de la NGAP s’appliquent à la téléconsultation dans les mêmes conditions qu’en présentiel, à l’exclusion évidemment des majorations de déplacement :

SituationCotationTarif
Enfant de moins de 6 ans (généraliste)TCG + MEG30 €
Patient adressé par le médecin traitant, hors résidenceTCG + MCG30 €
Obtention d’un RDV spécialiste sous 48 h (médecin traitant)TCG + MUT30 €
Téléconsultation demandée par la régulation (15 / SAS)TCG + MRT40 €
Dimanche ou jour férié, non réguléTCG + F44,06 €
Nuit 20 h-0 h, non réguléTCG + MN60 €
Téléconsultation régulée de nuit (PDSA)TCG + CRN67,50 €

Les consultations complexes et très complexes (CCP, CSE, MIS, etc.) ne sont pas réalisables en téléconsultation : seules les consultations de référence et leurs majorations sont facturables à distance.

Les conditions de prise en charge par l’Assurance Maladie

Le paiement d’une téléconsultation suppose le respect cumulatif de plusieurs conditions. Leur non-respect expose au rejet de la facture ou à un indu en cas de contrôle.

1. La vidéotransmission

La téléconsultation doit être réalisée en vidéo, via un outil sécurisé garantissant la confidentialité des échanges et l’hébergement des données de santé chez un hébergeur certifié HDS. La consultation par simple téléphone, tolérée pendant l’état d’urgence sanitaire, n’est plus remboursable depuis 2021, sauf dispositions exceptionnelles.

2. Le parcours de soins coordonné

Le patient doit en principe être orienté vers le téléconsultant par son médecin traitant, ou consulter directement son médecin traitant. Les exceptions au parcours de soins sont les mêmes qu’en présentiel :

  • patients de moins de 16 ans ;
  • spécialités en accès direct (gynécologie, ophtalmologie, psychiatrie et neuropsychiatrie pour les 16-25 ans, stomatologie, pédiatrie) ;
  • absence de médecin traitant ou médecin traitant indisponible dans un délai compatible avec l’état de santé, à condition que le patient soit orienté par une organisation territoriale (CPTS, MSP, équipe de soins primaires, SAS) ;
  • situations d’urgence.

3. Le principe de territorialité

Le patient doit être pris en charge par un médecin exerçant à proximité de son domicile, de façon à garantir la possibilité d’une consultation présentielle et le suivi. L’orientation par une organisation territoriale permet de satisfaire cette condition lorsque le patient n’a pas de médecin traitant.

4. L’alternance présentiel / distanciel

Depuis l’avenant 9, l’obligation d’avoir vu le patient en présentiel dans les douze mois précédents a été levée. La convention maintient toutefois le principe d’une alternance entre consultations à distance et en présentiel, et d’une prise en charge qui ne peut être exclusivement dématérialisée.

5. Le plafond de 20 % de l’activité

Un médecin ne peut réaliser à distance (téléconsultation et téléexpertise) plus de 20 % de son activité globale conventionnée sur une année civile. Ce plafond a été introduit par l’avenant 9 pour éviter les cabinets « 100 % virtuels ». En cas de dépassement, l’Assurance Maladie peut engager une procédure conventionnelle.

Ce que change 2026 : lors de la clôture des Assises de la télémédecine le 26 janvier 2026, la ministre de la Santé a annoncé des dérogations ciblées au plafond de 20 % pour les médecins retraités, les remplaçants, les praticiens en situation de handicap ou traversant des « moments de vie particuliers » (jeunes parents notamment), ainsi qu’en période de tension sur l’offre de soins (épidémies hivernales). Les téléconsultations assistées par un autre professionnel de santé auprès du patient ne seront plus décomptées dans le quota. Ces mesures doivent être formalisées par voie conventionnelle ou réglementaire ; jusqu’à leur entrée en vigueur, la règle des 20 % s’applique sans exception.

6. Le consentement et la traçabilité

Le patient doit avoir donné son consentement à la prise en charge à distance, et le médecin doit consigner dans le dossier médical le compte rendu de la téléconsultation, la date, les prescriptions et, le cas échéant, le motif d’orientation. L’alimentation du DMP / Mon espace santé est attendue.

Facturation et encaissement de la téléconsultation

La feuille de soins électronique

La téléconsultation se facture en FSE via le logiciel de facturation SESAM-Vitale, en mode dégradé (absence de carte Vitale) ou, de plus en plus, via l’application carte Vitale et le dispositif e-carte Vitale. Le code acte est saisi (TCG, TC, TCS, TCH…) avec les majorations éventuelles et la nature d’assurance. Le paiement du patient s’effectue à distance (paiement en ligne sécurisé intégré à la plateforme, virement) ; le tiers payant est possible sur la part obligatoire et, selon les conventions, sur la part complémentaire.

La transmission des documents

Les prescriptions (ordonnances, arrêts de travail, examens) sont transmises au patient via la messagerie sécurisée de la plateforme ou déposées dans Mon espace santé. L’ordonnance numérique, généralisée depuis 2025, s’applique aux prescriptions en téléconsultation. Le compte rendu est adressé au médecin traitant lorsque le téléconsultant n’est pas celui-ci.

Le remboursement du patient

Le patient est remboursé à 70 % de la base conventionnelle (soit 17,50 € sur une TCG à 25 €), déduction faite de la participation forfaitaire de 2 €, ou à 100 % dans les situations d’exonération (ALD, maternité, mineurs pour la participation forfaitaire). Le patient bénéficie de la même prise en charge que pour une consultation présentielle dès lors que les conditions ci-dessus sont respectées.

Arrêt de travail en téléconsultation : la règle des 3 jours

Depuis le 27 février 2024, un arrêt de travail prescrit en téléconsultation ne peut excéder 3 jours, et un renouvellement à distance ne peut porter la durée totale au-delà de 3 jours. Deux exceptions :

  • lorsque le prescripteur est le médecin traitant du patient (ou la sage-femme référente pendant la grossesse) ;
  • lorsque le patient est dans l’impossibilité justifiée de consulter en présentiel.

La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales a réaffirmé et précisé ce cadre : au-delà de 3 jours hors exception, les indemnités journalières ne sont pas versées, et le médecin doit mentionner explicitement sur l’avis d’arrêt de travail qu’il a été établi en téléconsultation. Un plafond général de durée s’ajoute depuis le 1er septembre 2026 pour les prescriptions initiales et les prolongations, applicable en présentiel comme à distance. Le praticien doit donc informer le patient qu’une prolongation au-delà de 3 jours nécessitera une consultation physique s’il n’est pas son médecin traitant.

Téléconsultation assistée et téléexpertise : les actes associés

La téléconsultation assistée

Lorsqu’un infirmier, un pharmacien ou un autre professionnel de santé accompagne le patient pendant la téléconsultation (en Ehpad, en officine, en cabine de téléconsultation, à domicile), le professionnel accompagnant facture un acte d’accompagnement (TLS pour l’infirmier, rémunération forfaitaire pour le pharmacien). Le médecin cote sa téléconsultation normalement. La feuille de route 2026-2028 prévoit d’exclure ces actes du plafond de 20 % et de développer la téléconsultation assistée dans les établissements médico-sociaux.

La téléexpertise

La téléexpertise est l’avis sollicité par un professionnel de santé auprès d’un médecin, hors présence du patient. Cotations 2026 :

  • TE2, médecin requis : 23 € (27,60 € DROM), revalorisé au 1er janvier 2026 (20 € auparavant).
  • RQD, professionnel requérant : 10 € (12 € DROM).

Limite de quatre demandes par an et par patient pour le requérant. La téléexpertise est ouverte à tous les professionnels de santé requérants (médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes…), ce qui en fait un levier de coordination important en 2026, avec environ 270 000 actes recensés en 2025.

Sociétés de téléconsultation : l’agrément

Les sociétés de téléconsultation (plateformes salariant des médecins) doivent, depuis le décret d’application de la LFSS 2023, obtenir un agrément ministériel pour que les actes réalisés par leurs médecins soient pris en charge. Elles représentaient environ 40 % des téléconsultations en 2024. Cet agrément impose des obligations en matière de qualité, de continuité des soins, de conformité RGPD et HDS, et de respect des conditions conventionnelles. Pour le médecin libéral utilisant une plateforme comme simple outil (sans salariat), l’agrément ne s’applique pas : c’est le médecin qui facture en son nom, sous sa propre responsabilité conventionnelle.

Tableau récapitulatif : cotation téléconsultation 2026 (métropole)

Praticien / situationCodeTarif
Généraliste secteur 1 / OPTAM / tarif opposableTCG25 €
Généraliste ou spécialiste secteur 2 avec dépassementTC25 € (base)
Spécialiste secteur 1 / OPTAMTCS30 €
PsychiatreTCP52 €
Pédiatre, enfant 0-2 ansTCH38,50 €
Pédiatre, enfant 2-6 ansTCK33,50 €
Pédiatre, enfant > 6 ansTCS30 €
Généraliste, enfant < 6 ansTCG + MEG30 €
Généraliste, sur régulation 15 / SASTCG + MRT40 €
Téléexpertise, médecin requisTE223 €
Téléexpertise, requérantRQD10 €

Check-list avant de facturer une téléconsultation

  1. Téléconsultation réalisée en vidéo sur un outil HDS.
  2. Parcours de soins respecté ou exception documentée (mineur, accès direct, orientation territoriale, urgence).
  3. Territorialité : patient dans un périmètre compatible avec un suivi présentiel.
  4. Consentement du patient recueilli et tracé.
  5. Code acte correct : TCG à 25 € pour le généraliste, TCS/TCH/TCK pour les spécialistes.
  6. Majorations pertinentes ajoutées (MEG, MCG, MUT, MRT, horaires).
  7. Arrêt de travail éventuel limité à 3 jours hors médecin traitant, avec mention « téléconsultation ».
  8. Compte rendu dans le dossier patient et retour au médecin traitant.
  9. Suivi du ratio d’activité à distance pour rester sous 20 % sur l’année civile.

FAQ – Cotation téléconsultation

Quel est le tarif d’une téléconsultation chez un médecin généraliste en 2026 ? 25 € (code TCG), en métropole comme dans les DROM, pour un médecin de secteur 1 ou OPTAM. Ce tarif est maintenu jusqu’en 2029.

Pourquoi la téléconsultation est-elle moins chère que la consultation au cabinet ? La convention 2024-2029 a revalorisé le G à 30 € mais a volontairement laissé la TCG à 25 € pour privilégier le présentiel.

Un médecin peut-il faire uniquement de la téléconsultation ? Non. L’activité à distance est plafonnée à 20 % de l’activité conventionnée annuelle. Des dérogations (retraités, remplaçants, handicap, périodes de tension) ont été annoncées en 2026 et doivent être formalisées.

La téléconsultation par téléphone est-elle remboursée ? Non, la vidéotransmission est obligatoire pour la prise en charge par l’Assurance Maladie.

Peut-on prescrire un arrêt de travail en téléconsultation ? Oui, dans la limite de 3 jours, sauf si le prescripteur est le médecin traitant ou en cas d’impossibilité justifiée de consulter en présentiel. Au-delà, les indemnités journalières ne sont pas versées.

Quelles majorations sont cumulables avec la TCG ? MEG (enfant < 6 ans), MCG (patient adressé), MUT (RDV spécialiste urgent), MRT (régulation), ainsi que les majorations de nuit, dimanche et jours fériés. Les majorations de déplacement sont exclues.

Quelle est la cotation de la téléconsultation pédiatrique ? TCH (38,50 €) de 0 à 2 ans, TCK (33,50 €) de 2 à 6 ans, TCS (30 €) après 6 ans.

Quelle est la cotation de la téléexpertise en 2026 ? TE2 à 23 € pour le médecin requis et RQD à 10 € pour le requérant.

Sources et références

Article rédigé à titre informatif à partir des textes en vigueur au 4 septembre 2026. Les dérogations au plafond de 20 % annoncées en janvier 2026 sont en cours de déclinaison réglementaire ; vérifiez leur entrée en vigueur sur ameli.fr.

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