Mycoses vaginales : les points essentiels à savoir sur la candidose

L

es mycoses vaginales peuvent rendre la vie très désagréable. Il s’agit d’infections de la muqueuse vaginale par des champignons microscopiques. Parmi elles, on distingue la candidose vaginale, due aux levures du genre Candida, dont la plus commune est l’espèce Candida albicans. (1,2)

Focus sur cette maladie à prévalence mondiale, qui représente à elle seule 80 % des mycoses vaginales.

Qu’est-ce qu’une mycose vaginale ?

Une mycose est une infection, le plus souvent de la peau ou des muqueuses, par un champignon microscopique. Il en existe plusieurs groupes :

Dermatophytes

Responsables d’infections de la peau et des ongles.

Levures

Responsables d’infections de la peau, des ongles et des muqueuses buccales et génitales.

Moisissures

Responsables d’infections mixtes et de mycoses générales survenant principalement chez les personnes immunodéprimées.

80 % des mycoses vaginales sont dues à des levures. Les plus communes (80-89%) sont causées par des levures du genre Candida (on parle dans ces cas-là, de « candidose »). Leur propagation est favorisée par la pénombre, la chaleur et l’humidité. L’espèce la plus retrouvée est Candida albicans, sur laquelle nous nous concentrerons en particulier.
(1-3)

Le saviez-vous ?

En infectiologie, on distingue trois types de micro-organismes responsables de maladies :

  • Les pathogènes strictes, qui causent une maladie chez un individu, même quand son système immunitaire est normal
  • Les pathogènes occasionnel et opportunistes, qui, de base, font partie de la flore commensale de l’individu. Ils deviennent pathogènes lors d’un changement de localisation dans l’organisme (occasionnel) ou lors de changements environnementaux comme une baisse du système immunitaire (opportuniste).

Comme Candida albicans fait partie de la flore vaginale, mais qu’elle peut également provoquer des infections dans cette zone, elle est considéré comme agent pathogène opportuniste.
Candida albicans n’est pas la seule levure du genre Candida à provoquer des infections.

Comment attrape-t-on une candidose vaginale ?

Compte-tenu du fait que Candida albicans soit naturellement présente sur notre corps, il ne s’agit pas d’une maladie transmissible. On parlera plutôt d’une propagation excessive, dont voici quelques causes possibles :

  • Déséquilibre de la flore vaginale : une prise d’antibiotiques lors d’une infection bactérienne (entre autres) peut entraîner l’élimination de bactéries favorables à notre organisme. Si nous considérons celles de la flore vaginale, leur élimination libère de la place pour la prolifération de Candida albicans. Il est à noter que ce déséquilibre peut également être provoqué par un excès d’hygiène intime (toilettes trop fréquentes avec des produits irritants, douches vaginales, utilisation de produits intravaginaux).
  • Le port de vêtements en tissus synthétiques génère de l’humidité (transpiration, macération) qui favorise la propagation des champignons microscopiques.
  • Les bains dans les jacuzzis ou dans les piscines non désinfectées.

  • Certaines maladies comme le diabète ou tout déficit immunitaire.

  • La grossesse et la prise de pilule contraceptive.
  • La présence d’un corps étranger oublié dans le vagin (tampon périodique)

(1,2,4)

Quels sont les symptômes des candidodes vaginales ?

Les principaux symptômes sont :

  • Des écoulements vaginaux (qu’on appelle leucorrhées), sans odeur et avec la consistance du lait caillé.
  • Des démangeaisons et des brûlures vaginales.
  • Des douleurs pendant les rapports sexuels.
  • Des douleurs au moment d’uriner.

(2.)

Quels sont les traitements disponibles ?

Le traitement de la mycose provoquée par Candida albicans varie en fonction de sa sévérité.

Lorsque l’infection est aiguë, le prélèvement vaginal n’est pas obligatoire. Une inspection de la vulve est suffisante. Le traitement consiste en l’administration de médicaments antifongiques, c’est-à-dire des médicaments dirigés spécifiquement contre les champignons microscopiques.

Ces médicaments peuvent avoir plusieurs formes :

  • Des ovules médicamenteux : ce sont des médicaments présentés sous forme ovoïde, de consistance molle ou dure, qu’on introduit dans le vagin.
  • Des capsules vaginales.
  • Des comprimés gynécologiques.
  • Des crèmes.

Les ovules médicamenteux ou les capsules vaginales sont à prendre le soir, au coucher. Il existe des formes où le principe actif du médicament est libéré de façon progressive dans l’organisme (libération prolongée). Elles permettent en général, de n’avoir à appliquer le médicament qu’une seule fois.

Les symptômes de la maladie ne régressent pas immédiatement à la prise du traitement : il faut souvent patienter de 24 à 48h avant de constater une amélioration.

Dans les cas sévères, le traitement est à renouveler plusieurs fois.

Pour les infections récurrentes, c’est-à-dire comprenant au moins 4 épisodes sur les 12 derniers mois, avec au moins 2 épisodes avec symptômes, le traitement est également à base d’antifongiques, mais avec des doses et modes d’administrations différents. Il est couplé à un bilan médical approfondi, y compris parfois du partenaire.

Lors de tout traitement, il convient d’éviter les relations sexuelles. (2,5)

Important : Les traitements présentés ici sont cités à titre purement informatif. Suivez scrupuleusement les indications de votre médecin, qui est la seule personne habilitée à déterminer les médicaments que vous devrez prendre. La prescription médicamenteuse est personnalisée et se base sur des facteurs uniques à chacun, incluant votre âge, votre condition physique, vos antécédents médicaux…

Pour savoir connaître le déroulement d’une téléconsultation avec un gynécologue, consultez notre article dédié.

Comment prévenir les candidoses vaginales ?(2,7)

La prévention des candidoses vaginales repose principalement sur des mesures d’hygiènes :

Vêtements

  • Préférer les sous-vêtements en coton et en changer chaque jour.
  • Ne pas porter des vêtements trop serrés.

Humidité

  • Ne pas garder son maillot de bain après avoir nagé à la piscine.
  • Eviter les endroits chauds et humides (saunas, hammams) et les bains prolongés à la piscine ou au jacuzzi.

Intimité

  • Préférer la douche au bain.
  • Sécher soigneusement la zone du périnée.
  • Privilégier des produits d’hygiènes adaptés.
  • Utiliser des préservatifs tant qu’il y a des pertes avec démangeaisons.

Comment réaliser sa toilette intime ?

Pour réaliser sa toilette intime, il est recommandé de respecter plusieurs étapes :

  • Nettoyer la vulve d’avant en arrière et éviter de savonner l’intérieur du vagin, ainsi que les douches vaginales. Ces dernières favorisent la survenue d’infections, dont les mycoses vaginales.
  • Laver la région anale, sans revenir en avant
  • Rincer à l’eau claire et se sécher avec une serviette, en tamponnant.

La toilette intime doit être quotidienne, à raison d’une fois par jour (éventuellement deux lors des périodes menstruelles) lors d’un bain ou d’une douche. Il est recommandé de ne pas utiliser de gant de toilette et de privilégier des mains propre pour laver les zones intimes.

Il est préférable d’éviter les produits cosmétiques parfumés, qui ont tendance à déséquilibrer la flore vaginale, et d’opter pour un savon doux, sans parfum, au pH neutre. (8.)

Le saviez vous ?

Hors des périodes de menstruation, le vagin est naturellement tapissé de sécrétions claires, qui le protège des infections. Leur aspect et leur odeur peuvent varier durant les règles.
Une substance blanchâtre est naturellement présente sur les petites lèvres des organes génitaux féminins. Il s’agit du smegma, un amas composé de débris cellulaires et de sécrétions, avec un aspect proche du fromage blanc.
Dans le cas où l’aspect des sécrétions changerait et/ou qu’elles dégageraient une odeur désagréable, il est impératif d’en avertir le médecin traitant.

5 points essentiels à retenir sur les candidoses vaginales

  1. Maladie due à la prolifération des levures du genre Candida sur la muqueuse vaginale, dont l’espèce principale est Candida albicans

  2. Un déséquilibre de la flore vaginale, associé à une humidité constante sont les principaux facteurs de risques de contracter l’infection

  3. Les principaux symptômes sont des écoulements vaginaux associés à des brûlures et des démangeaisons vaginales

  4. Le traitement de la candidose est essentiellement à base de médicaments dirigés contre les champignons microscopiques : les antifongiques

  5. Les mesures de préventions sont essentiellement hygiéniques (port de sous-vêtements en coton synthétiques à changer régulièrement, éviter d’être trop exposé à l’humidité, etc…)

(1,2,4,5,7)

Articles connexes

  • Comprendre les symptômes et le diagnostic de l’endométriose
    Hellocare
    Hellocare

    12 mars 2024

  • Cancer du Sein : Octobre rose, le mois de la sensibilisation
    Hellocare
    Hellocare

    1 septembre 2023

  • Dépistage : les tests indispensables pour la femme
    Hellocare
    Hellocare

    2 mars 2019

  • Cystite de la femme : les bons réflexes
    Hellocare
    Hellocare

    26 février 2018

Mycoses vaginales : les points essentiels à savoir sur la candidose