Une santé de fer : ce que votre taux de ferritine veut vous montrer

L

e fer fait partie des constituants clés de notre organisme. Il est nécessaire au transport et à l’utilisation de l’oxygène, ainsi qu’au fonctionnement de certaines enzymes du corps humain. Lors d’un bilan sanguin, comment interpréter un taux de fer inférieur ou supérieur à la norme ? Comment combler une carence en fer, ou au contraire, atténuer un excès ?

Focus sur la ferritine, protéine de stockage du fer et son taux sanguin (ferritinémie).
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Le fer et ses transporteurs

Le fer intervient dans de nombreux mécanismes impliqués dans le bon fonctionnement du corps humain :

  • Utilisation de l’oxygène par les enzymes de la chaîne respiratoire mitochondriale
  • Constituant de plusieurs molécules clés
  • Cofacteur enzymatique
  • Synthèse de l’ADN et régulation de la transcription de l’ARN

Mais l’une de ses fonctions principales réside dans la constitution des globules rouges. En effet, l’hémoglobine (qui donne sa couleur rouge au sang), leur principal constituant, contient un élément appelé « hème », lui-même constitué en partie, d’un atome de fer. Ce dernier permet au sang de capter l’oxygène.

À elle seule, l’hémoglobine contient 80 % du fer de l’organisme.

Bien que le fer soit un composant essentiel au bon fonctionnement du corps humain, il est également toxique de par sa capacité à réagir avec l’oxygène et à former des radicaux libres. C’est pour cela qu’il est toujours associé à des molécules de transport ou de stockage.

La transferrine est la protéine circulante du fer, qui va le distribuer aux cellules (majoritairement les précurseurs des globules rouges), via le récepteur à la transferrine. Elle lie le fer, qu’il soit issu de l’absorption intestinale ou du recyclage physiologique du fer, à partir des globules rouges vieillis.

La ferritine constitue la principale protéine de stockage du fer. Elle est essentiellement intracellulaire (cellules du foie et du système macrophagique), et de petites quantités sont sécrétées dans la circulation sanguine. En l’absence d’inflammation, de pathologies du métabolisme du fer ou d’atteintes du foie, sa concentration reflète les réserves de fer.
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Pourquoi déterminer le taux de ferritine ?

Un dosage de la ferritine permet de :

  • Diagnostiquer une carence ou une surcharge en fer
  • Surveiller un traitement médicamenteux pouvant altérer le métabolisme du fer
  • Diagnostiquer une maladie comme l’hémochromatose, lorsque couplé au dosage du fer sérique et de la transferrine

Le dosage de la ferritine se fait via une prise de sang, à jeun.

La concentration normale de ferritine se situe entre 20 et 400 ng/mL de sang. Elle varie selon l’âge ou le sexe du patient, ainsi que la technique de dosage utilisée.
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Que signifie un taux de ferritine bas ?

Un taux de ferritine bas (< 20 ng/mL chez la femme et < 30 ng/mL chez l’homme) se traduit par une carence en fer. Si on se réfère au rôle de la ferritine, ce sont les réserves en fer de l’organisme qui sont abaissées.

Elle résulte généralement d’une balance négative prolongée du métabolisme du fer. Elle peut être provoquée entre autre par :

  • Une insuffisance d’apport en fer par l’alimentation, ou une mauvaise absorption digestive
  • L’augmentation des besoins de l’organisme due à la croissance, la grossesse, un régime alimentaire inapproprié, des dons du sang, etc…
  • Les pertes sanguines exagérées. Chez la femme, les causes les plus fréquentes sont les ménorragies (règles abondantes) et les métrorragies (saignement vaginal survenant en dehors des règles). Chez l’homme, les causes sont plutôt digestives, incluant entre autres les hémorroïdes, les hernies hiatales, les gastrites hémorragiques, les ulcères gastroduodénaux, les varices œsophagiennes, la rectocolite hémorragique, etc…

La baisse des réserves de fer est suivie d’une diminution du taux de fer sérique et d’une augmentation compensatrice de la concentration en transferrine sérique. Le rapport des deux, qu’on appelle le coefficient de saturation de la transferrine diminue, et reflète l’insuffisance de transport du fer assurant le développement des globules rouges.

Quand les globules rouges ne reçoivent pas assez de faire, on constate une diminution de la synthèse et donc une diminution du taux d’hémoglobine. On parle alors d’anémie.

Il est à noter qu’une carence en fer n’entraîne pas systématiquement une anémie.

En termes de symptômes, une carence en fer pourrait être associée à une baisse des performances intellectuelles et de la productivité, une fatigue lors de l’effort, une altération des fonctions immunitaires, des troubles de la croissance, une alopécie, ainsi qu’une anorexie.
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Que signifie un taux de ferritine élevé ?

Un taux de ferritine supérieur à la norme (hyperferritinémie) peut avoir plusieurs origines, entre autres :

  • Un syndrome métabolique
  • Une cytolyse (mort des cellules) hépatique ou musculaire
  • Une hémochromatose (affection génétique responsable d’une hyperabsorption digestive du fer)
  • Une inflammation due à des infections, une hémopathie maligne ou une tumeur solide, une insuffisance rénale chronique, une hyperthyroïdie, une maladie de Gaucher, etc…
  • Une hyperferritinémie dysmétabolique et une hépatosidérose dysmétabolique
  • L’alcoolisme

L’inflammation peut fausser l’interprétation des valeurs à la concentration et masquer le diagnostic d’une carence martiale ou induire à tort celui d’une surcharge en fer. Il est donc essentiel de procéder à une évaluation clinique ou biochimique concomitante de l’inflammation pour procéder à l’ajustement optimal du dosage de la ferritine, en tenant compte de l’état inflammatoire.
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Quels sont les traitements d’une carence ou d’un excès de fer ?

Le traitement de la carence en fer repose principalement sur un apport de fer, soit par prescription médicamenteuse, soit par l’alimentation. Voici quelques exemples d’aliments riches en fer :

  • Noix
  • Graines, légumes secs (lentilles)
  • Viande rouge maigre, boudin, foie
  • Poisson, crustacés
  • Jaune d’oeuf

Pour une santé d’acier, consultez notre article sur 5 aliments riches en fer à ne pas négliger.

Les besoins quotidiens en fer de l’adulte sont de :

  • 1 mg environ chez l’homme
  • 2 mg environ chez la femme entre la puberté et la ménopause, en raison des menstruations

Une alimentation normale apporte environ 10 à 15 mg de fer par jour, mais 5 à 10 % seulement sont absorbés par l’organisme. La majorité du fer utilisé pour la fabrication des globules rouges provient du recyclage du fer contenu dans les globules rouges en fin de vie.

Le saviez-vous ?


Le fer est présent dans les aliments sous 2 formes :

  • Le fer héminique est présent exclusivement dans les aliments d’origine animale car il est associé à des protéines comme l’hémoglobine,
  • Le fer non héminique est, quant à lui, présent dans la plupart des aliments, quelle qu’en soit l’origine, animale ou végétale.

Dans le cas d’un excès de fer, les traitements utilisés vont dépendre de sa cause. Ils incluent la pratique de saignées (ouverture d’une veine pour retirer du sang) ou la prescription de chélateurs, des molécules visant à diminuer rapidement le fer non lié à la transferrine et de réduire progressivement les stocks de fer tissulaire. Il n’est cependant pas recommandé de diminuer les apports en fer. (1,2,7,8)

Important : Les traitements présentés ici sont cités à titre purement informatif. Suivez scrupuleusement les indications de votre médecin, qui est la seule personne habilitée à déterminer les médicaments que vous devrez prendre. La prescription médicamenteuse est personnalisée et se base sur des facteurs uniques à chacun, incluant votre âge, votre condition physique, vos antécédents médicaux…

À retenir : le taux de ferritine en 4 points

  1. Le fer est un constituant essentiel de l’organisme, existant sous forme liée à des protéines dont la transferrine (circulation) et la ferritine (stockage),

  2. Le taux de ferritine reflète les réserves en fer de l’organisme,

  3. Une carence ou un excès en fer peut avoir pour origine différentes pathologies, ou plus simplement, une alimentation déséquilibrée,

  4. Le traitement de la carence en fer repose sur un apport par l’alimentation ou des traitements. À l’inverse, des pratiques et des traitements existent pour atténuer l’excès de fer.

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