Les points essentiels à comprendre sur : la maladie de Verneuil
L
a maladie de Verneuil est caractérisée par des lésions présentes dans les zones riches en glandes sudoripares, c’est-à-dire les glandes responsables de la transpiration. Bien que cette maladie affecte environ 1 %, de la population en France, ses causes demeurent encore mal connues. (1,2)
Focus sur cette affection cutanée inflammatoire.
Qu’est-ce que la maladie de Verneuil ?
La maladie de Verneuil est une maladie inflammatoire de la peau. Comme de nombreuses maladies, elle porte le nom de son découvreur, Aristide Verneuil, qui en fit la première description en 1854. Elle est aussi connue sous le nom « d’hidradénite » ou « hidrosadénite suppurative ».
Bien que cette maladie soit encore mal connue des médecins et du grand public, elle concernerait pourtant 0,7 % des personnes en Europe. Il ne s’agit donc pas d’une maladie rare. (1-3)
Comment attrape-t-on la maladie de Verneuil ?
Les causes de la maladie de Verneuil sont encore très mal connues. Elle serait liée à une prolifération anormale de bactéries commensales (naturellement présentes dans le corps humain) sur la peau : il ne s’agit donc pas d’une maladie contagieuse. Aujourd’hui, 4 pistes principales sont retenues :
- Génétique : 34% des parents au 1er degré souffrent de la maladie de Verneuil.
- Hormonale : La maladie survient après la puberté.
- Immunitaire : De nombreuses dysfonctions du système immunitaire sont retrouvées dans cette maladie, pouvant être d’ordre génétique ou acquises (prise de traitements médicaux diminuant l’immunité).
- Certaines habitudes de vie comme le tabagisme et une mauvaise alimentation (surpoids).
La maladie de Crohn aurait également pour origine un dysfonctionnement immunitaire. Souvent décrite comme associée à la maladie de Verneuil, leur association reste rare dans la pratique. Pour en savoir davantage sur la maladie de Crohn, consultez notre article dédié. (1,2,4)
Quels sont les symptômes de la maladie de Verneuil ?
Des boutons ou furoncles très douloureux se développent dans les régions riches en poils et en glandes sudoripares (les glandes responsables de la production de la sueur). Ces zones incluent les aisselles, l’aine, le sillon inter fessier, le pli des seins et plus rarement, la nuque. Dans certains cas, les abcès peuvent atteindre la taille d’une balle de tennis. Des cicatrices « en relief » peuvent apparaître à la suite des lésions laissées par les boutons.
La maladie de Verneuil peut être classée en 3 stades, en fonction de la sévérité et de la gravité des symptômes :
Stade I : Abcès unique ou multiple, sans fistule (70 % des patients)
Stade II : Abcès récidivants avec fistules et cicatrices (25 % des patients)
Stade III : Atteinte multiple diffuse avec des connexions entre abcès (5 % des patients)
Les patients atteints de la maladie de Verneuil connaissent des périodes d’amplification des symptômes (poussées) et au contraire, leur mise en sommeil (rémissions).
Cette maladie n’est pas mortelle, mais faciliterait l’apparition de cancers cutanés épidermoïdes. D’autres complications sont retrouvées dans les formes les plus graves, comme un surrisque cardiovasculaire et un syndrome métabolique comprenant une augmentation du tour de taille, une hypertension, une résistance à l’insuline, ainsi qu’une augmentation du taux de cholestérol sanguin.
Le saviez-vous ?
En 2007, une équipe de l’Institut Pasteur a mis en évidence une prolifération anormale de bactéries dans la profondeur de la peau, dans des lésions de la maladie de Verneuil. Cette découverte a permis de montrer que ces lésions sont différentes, en fonction de la sévérité de la maladie. Elle serait due à un déficit immunitaire localisé au niveau des lésions. (2,4)
Quels sont les traitements de la maladie de Verneuil ?
La prise en charge des patients atteints de la maladie de Verneuil requiert une approche multidisciplinaire, incluant à la fois des traitements médicamenteux, et la chirurgie :
- Les antalgiques comme le paracétamol ou la morphine, peuvent être utilisés dans le traitement médical de la douleur.
- Les antibiotiques sont également utilisés dans les stades avancés de la maladie, pour empêcher la prolifération des bactéries.
- Les rétinoïdes, qui sont des dérivés de la vitamine A, peuvent également être utilisés.
- Étant une maladie inflammatoire, des immunosuppresseurs peuvent être utilisés afin d’atténuer la réponse immunitaire.
- La chirurgie, suivie d’un traitement d’entretien, permet une rémission durable dans les zones opérées, chez les patients les plus gravement touchés.
- Le laser, par « vaporisation de CO2 » peut également être proposé pour le traitement des lésions.
Important : Les traitements présentés ici sont cités à titre purement informatif. Suivez scrupuleusement les indications de votre médecin, qui est la seule personne habilitée à déterminer les médicaments que vous devrez prendre. La prescription médicamenteuse est personnalisée et se base sur des facteurs uniques à chacun, incluant votre âge, votre condition physique, vos antécédents médicaux… (1,2)
Comment prévenir la maladie de Verneuil ?
L’obésité et la consommation de tabac seraient des facteurs importants dans le développement de la maladie. L’arrêt du tabac et la perte de poids permettraient de prévenir, voire même d’avoir une incidence sur la maladie de Verneuil. Toutefois, les recherches sont encore en cours et ces éléments restent aujourd’hui des suppositions.
5 points essentiels à retenir sur la maladie de Verneuil
- Maladie inflammatoire cutanée présente chez 1 % de la population française > 15 ans.
- La génétique, les hormones et le système immunitaire constituent les pistes sur les causes de cette maladie peu connue.
- Entraine l’apparition de boutons/furoncles douloureux sur les aisselles, l’aine, le sillon inter fessier et le pli des seins.
- Le traitement des patients atteints de la maladie de Verneuil est une approche multidisciplinaire combinant médicaments (antalgiques, antibiotiques et rétinoïdes) et chirurgie.
- Le tabagisme et l’obésité seraient des facteurs aggravants de la maladie.

