Environ une femme sur 10 est concernée par l’endométriose. Cette maladie chronique représente un véritable fardeau pour les patientes, dont 70 %, de douleurs chroniques invalidantes. On estime également qu’elle est responsable de 40 % des cas d’infertilité.1,2
Bien que la parole des patientes se soit libérée, les mécanismes précis de cette pathologie demeurent toujours mal compris, compliquant ainsi leur prise en charge et conduisant à une errance thérapeutique beaucoup trop fréquente. Quelles sont les symptômes de cette maladie ? Quelles en sont les causes ?
Qu’est-ce que l’endométriose ?1,3
L’utérus est la partie centrale de l’appareil reproducteur féminin, situé entre la vessie et le rectum. Son corps renferme la cavité utérine, dont la paroi est composée de trois couches :
- Une couche externe : le périmètre
- Une couche de muscles : le myomètre
- Une couche interne : l’endomètre, lui-même constitué d’une couche de cellules épithéliales, et d’un tissu conjonctif contenant des glandes utérines
Chaque mois, l’endomètre prolifère pour se préparer à une éventuelle grossesse. Si l’ovule est fécondé par un spermatozoïde, l’endomètre reçoit l’embryon et lui permet de s’implanter dans l’utérus et de se développer tout au long de la grossesse. En l’absence de fécondation, la partie superficielle de l’endomètre se détache en provoquant des saignements : ce sont les menstruations, ou « règles ».
L’endométriose est une maladie survenant chez les femmes en âge de procréer, parfois dès la puberté. Elle est caractérisée par la présence anormale de fragments d’endomètre en dehors de l’utérus (sur les ovaires, les trompes, les ligaments utérins, la paroi du rectum et du vagin, la vessie et/ou le péritoine), qui provoquent des lésions entrainant, entre autres, douleurs et infertilité.
Quels sont les symptômes de l’endométriose ?1,4
La douleur est au centre de la maladie.
L’endométriose provoque plusieurs types de douleurs :
- Douleurs abdominales et pelviennes, dont l’intensité ne dépend ni du volume, ni de la taille de la/des lésion(s). Ces douleurs sont souvent rythmées par les cycles menstruels, notamment au moment de l’ovulation et des règles (on parle alors de dysménorrhées, ou « règles douloureuses »), mais peuvent également être permanentes. Elles sont souvent décrites comme fortes, et ne peuvent être calmées par les antidouleurs, au point d’impacter fortement sur la vie quotidienne et professionnelle (absentéisme). Ces douleurs gagnent en intensité au fil du temps.
- Douleurs lors des rapports sexuels (dyspaneurie)
- Douleurs en urinant (dysurie), situées autour de l’uretère, avec parfois présence de sang dans les urines en cas de lésions au niveau de la vessie
- Douleurs lors de la défécation (dyschézie) en cas de lésions rectales, avec parfois des saignements
L’endométriose peut être aussi indolore. Dans ce cas, l’infertilité est l’autre symptôme majeur permettant le diagnostic, retrouvé chez 30 à 40 % des patientes.
Le saviez-vous ?
Un des symptômes les plus impressionnant de l’endométriose est un gonflement du ventre avec augmentation visible du tour de taille, semblable à une grossesse. On parle alors d’ « endobelly ».
D’autres symptômes sont fréquemment retrouvés, dont :
- Une fatigue chronique, liée à la douleur et à l’inflammation,
- Une détresse psychologique, due à la difficulté pour les patientes d’assumer leurs obligations professionnelles, à l’impact de la maladie sur leur vie privée et sexuelle, et à l’errance thérapeutique dont elles souffrent encore aujourd’hui,
- Un syndrome de l’intestin irritable (douleurs abdominales, ballonnements et troubles du transit), fréquemment associé à l’endométriose.
Les symptômes retrouvés sont dépendants de la localisation des lésions.
Trois formes d’endométrioses sont décrites :
- L’endométriose superficielle, lorsque des fragments d’endomètre sont localisés au niveau du péritoine,
- L’endométriose ovarienne, lors de la présence de lésions conduisant à la formation de kystes ovariens (on parle d’endométriome),
- L’endométriose pelvienne, lorsque les lésions sont localisées en profondeur (ligaments utérins, intestins, vagin, vessie, uretères).
La maladie s’atténue au moment de la ménopause, mais parfois, des symptômes peuvent tout de même persister.
Quelles sont les causes de l’endométriose ?2,5
A l’heure actuelle, les causes exactes de l’endométriose ne sont toujours pas connues. Des facteurs environnementaux, génétiques et hormonaux pourraient y être associé :
- Mutations dans les cellules de la muqueuse utérine,
- Ecoulement des menstruations à l’intérieur du corps, conduisant à un déplacement des cellules utérines,
- Action d’hormones et de perturbateurs endocriniens,
- Anomalies de la réponse immunitaire.
Dans la compréhension de la maladie, il est couramment rappelé ce qu’on appelle la « théorie de l’implantation » : lors des menstruations, sous l’effet des contractions utérines, une partie du sang est expulsée vers la cavité abdomino-pelvienne. Il contient des cellules endométriales et des fragments de muqueuses utérines, qui au lieu d’être éliminés par le système immunitaire, vont s’implanter et proliférer sur les organes situés autours (péritoine, ovaires, trompes, intestin, vessie, uretère, diaphragme…).
Quelles sont les traitements de l’endométriose ?1,2
Il n’existe actuellement aucun traitement curatif de l’endométriose. Les options thérapeutiques visent uniquement à réduire les symptômes ressentis par les patientes. Ils incluent :
- Un traitement hormonal, visant à supprimer les menstruations, permettant de réduire les douleurs et de stabiliser les lésions, afin de limiter la croissance du tissu endométrial anormal,
- Des analgésiques et des anti-inflammatoires, pour calmer les douleurs,
- Une intervention chirurgicale visant à éliminer les tissus cicatriciels.
Dans les cas d’infertilité, des méthodes comme la fécondation in vitro et la stimulation ovarienne par insémination peuvent être employée, afin de provoquer une grossesse.
Comment prévenir l’endométriose ?2
Il n’existe pas de moyens de prévention de l’endométriose. La libération de la parole autour de la maladie, et sa sensibilisation, ont néanmoins encouragé les patientes à se faire diagnostiquer de manière précoce, avec une prise en charge permettant de réduire les symptômes sur le long terme.
L’endométriose en 4 points
- L’endométriose est une maladie chronique caractérisée par la prolifération anormale de fragments d’endomètre, en dehors de la paroi utérine
- Cette maladie entraine des douleurs de plusieurs types, particulièrement handicapantes pour la vie des patients, et pouvant conduire à une infertilité
- Il n’existe pas de traitement définitif de l’endométriose, les options thérapeutiques (analgésiques, traitements antihormonaux, chirurgie) permettant seulement de diminuer les douleurs
- Il n’existe pas de moyens de prévention, bien que la communication accrue autour de cette maladie encourage les patientes à se faire diagnostiquer de manière précoce, permettant une prise en charge réduisant les complications sur le long terme

